Propagation des informations menaçantes : le rôle du temps et de l'espace social

par Petra Pelletier

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Ewa Drozda-Senkowska.

Soutenue le 29-11-2016

à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Cognition, comportements, conduites humaines (Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine) , en partenariat avec Université Paris Descartes (1970-2019) (établissement de préparation) et de Laboratoire de Psychologie Sociale Menaces et Société / LPS - EA 4471 (laboratoire) .

Le président du jury était Valérie Fointiat.

Le jury était composé de Ewa Drozda-Senkowska, Valérie Fointiat, Valérie Haas, Valérie Le Floch.

Les rapporteurs étaient Valérie Fointiat, Valérie Haas.


  • Résumé

    Les menaces sociétales, comme les attaques terroristes, la crise économique ou le réchauffement climatique sont devenues omniprésentes dans notre société en raison de leur extensive diffusion médiatique. La situation de menace, qui agit comme une disruption entre les représentations de l'individu et la réalité, conduit au processus du partage social des émotions (Rimé, 2005) qui constitue le moteur de la propagation des informations menaçantes d'une personne à l'autre et d'un groupe social à l'autre. La présente thèse examine le rôle du temps et de l'espace en tant que deux principales sources de freins à la propagation des informations menaçantes. L'objectif de l'Étude 1 est d'investiguer le sens que les personnes attribuent au terme « menace sociétale », ainsi que de proposer un classement des menaces sociétales actuelles issues de l'actualité médiatique et perçues par les personnes dans le contexte français. L'Étude 2 examine le rôle du temps en tant que frein à la propagation des informations menaçantes dans le contexte suivant l'attentat de Charlie Hebdo à Paris du 7 janvier 2015, en se basant sur le modèle des étapes sociales de coping collectif avec les catastrophes (Pennebaker & Harber, 1993). Puis, l'Étude 3 consiste en une mise à l'épreuve expérimentale du rôle de l'espace social, plus spécifiquement le rôle de l'appartenance groupale, en tant que frein à la propagation des informations porteuses d'une menace terroriste. Les principaux résultats montrent que la fréquence des deux principales composantes du partage social des émotions, c'est-à-dire la parole et l'écoute, diminue dans les deux mois suivant l'attaque terroriste (Étude 2). Puis, l'appartenance groupale des personnes influence le contenu de l'information menaçante transmise à l'interlocuteur (Étude 3). Ces résultats suggèrent que le temps et l'espace social contribueraient à freiner la propagation des informations porteuses d'une menace. Toutefois, de futures recherches devraient se focaliser sur d'autres processus qui permettraient de freiner la propagation des informations menaçantes au sein de la société et d'élucider ainsi la construction du climat socio-émotionnel négatif.

  • Titre traduit

    Propagation of threatening informations : the role of time and social space


  • Résumé

    Large-scale societal threats, such as the terrorist attacks, the economic crisis and global warming have become omnipresent in our society because of their extensive media coverage. The threat situation that acts as a disruption between people's representations and the reality leads to social sharing of emotions (Rimé, 2005). The social sharing of emotions constitutes the main impetus underpinning the propagation of threatening information from one person to another and from one social group to another. Thus, this thesis investigates the role of time and space as the primary brakes on the propagation of threatening information. The main aim of Study 1 is to investigate the meaning that people attach to the term "societal threat", and also to propose a classification of actual societal threats from the mass media and actual societal threats perceived by individuals in a French context. Study 2 examines the role of time as a brake on the propagation of threatening information following the Charlie Hebdo terrorist attack of January 7, 2015 in Paris, using the social stage model of collective coping with disasters (Pennebaker & Harber, 1993). Study 3, which is experimental in nature, investigates the role of social space, and group membership specifically, as a brake on the propagation of threatening information related to terrorism. The results show that the frequency of the two main components of social sharing, namely talking and hearing, decreased over two months following the terrorist attack (Study 2). Furthermore, participants' group membership modifies the content of threatening information transmitted to the interlocutor (Study 3). Such results suggest that time and social space contribute to curbing the propagation of threatening information. However, future research might bear a specific interest on the other processes that impede the propagation of threatening information within society, thus elucidating the construction of a negative socioemotional climate.

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