Histoires du livre, visions du sauvage : des manuscrits du Moyen âge aux premiers imprimés du XVIe siècle, le loup à l’épreuve de l’écriture

par Loren Gonzalez

Thèse de doctorat en Lettres modernes

Sous la direction de Daniel Lacroix.

Le président du jury était Joëlle Ducos.

Le jury était composé de Daniel Lacroix, Jean-Marie Fritz, Florence Bouchet, Franck Lestringant.

Les rapporteurs étaient Joëlle Ducos, Jean-Marie Fritz.


  • Résumé

    Au cours des dix siècles que compte le Moyen Âge, l’Occident chrétien est définitivement devenu une civilisation de l’écrit, ce dont témoignent par exemple la production de magnifiques manuscrits enluminés tout au long de cette période. Des manuscrits insulaires du début du IXe siècle aux livres de chasse du XIVe siècle, en passant par les fascinants Bestiaires du Moyen Âge central, cette florissante culture de l’écrit a ménagé une place de choix à l’animalité, aux animaux sauvages et au loup en particulier. Consacré comme parangon du sauvage au moment où l’Europe chrétienne consacrait le culte du livre, le loup et à travers lui l’idée du sauvage ont nourri de riches systèmes de représentations au sein des sources écrites. Avec dans son sillage toute une myriade de figures « lupines », le loup fonctionne ainsi comme un catalyseur à la fois de l’idée du sauvage au Moyen Âge et des enjeux liés à l’essor des traditions écrites. Des Etymologiae d’Isidore de Séville aux Tragiques d’Agrippa d’Aubigné, cette étude vise à mieux comprendre les relations unissant le loup et le sauvage à l’histoire du livre, de la littérature et de la transmission des savoirs. À partir des représentations du loup et des visions médiévales du sauvage, une écriture du sauvage s’est en effet développée au Moyen Âge, voire une poétique inspirée du sauvage mais dont la pertinence demande à être interrogée au prisme de cette révolution dans l’histoire de l’écriture que fut l’invention de l’imprimerie. À une période qui a en partie renié l’imaginaire médiéval et connu tant de bouleversements culturels, pareille écriture pouvait-elle perdurer dans l’empreinte du loup, emblème d’un sauvage « médiéval » ? À la Renaissance, ne s’est-elle pas affranchie des visions médiévales du sauvage pour rencontrer un « nouveau sauvage » aux Amériques ? Des livres alchimiques aux récits viatiques, des poèmes eddiques aux recueils de proverbes, de la littérature hagiographique aux contes de loups-garous, le loup nous entraîne ainsi dans une littérature foisonnante qui interroge la nature de l’homme et son identité multiple, prise dans un jeu incessant de mouvements et de métamorphoses, jusqu’à épouser les arabesques de l’esthétique baroque.

  • Titre traduit

    Book story and history, images of the wild : wolf against literacy in medieval manuscripts and first printed books


  • Résumé

    In the course of middle ages, the Christian Western Europe became forever a civilization based on literacy, as we can see through the output of such amazing illuminated manuscripts during these ten centuries. From insular manuscripts from the early Ninth century and books of hunting from the Fourteenth to Bestiaries from Twelfth and Thirteenth’s, such a flourishing literature gave animals, wild animals and particularly the wolf, an important position. While the Christian Europe started to consider books as essential and holy, wolves and wildness inspired at the same time numeral extensive representations as we can see them in writings. Related to so many wolfy figures, the wolf seems to be a catalyst of both ideas of wildness and questions about the growth of literacy. From Isidore of Seville's Etymologiae to The Tragics by Agrippa d’Aubigné, this work aims to a better understanding of relationships between wolf and wildness and the history of literature, books and knowledge passing down. From wolf and wildness medieval representations, a writing way for and by wildness emerge in medieval literature. But such a writing way seems to be problematic after the revolutionary invention of printing press. While Renaissance repudiated medieval heritages and suffered a lot of upheavals, such a writing way could not continue. Instead of following wolves’ tracks, which then symbolized something like a “medieval wildness” authors began to write differently about wildness after the end of the middle ages: after the discovering of a new wilderness in America, they tried to create new visions liberated from medieval memories. From alchemic books to travel stories, from proverbs to eddic poems, from hagiographic literature to werewolves’ tales, wolves take us to an abundant literature which helps readers to wonder about human nature and its much identity, in a system of mowing and metamorphoses, like so many Baroque arabesques.


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Informations

  • Sous le titre : Histoires du livre, visions du sauvage : des manuscrits du Moyen âge aux premiers imprimés du XVIe siècle, le loup à l'épreuve de l'écriture
  • Détails : 2 vol. (556, 121 p.)
  • Annexes : Bibliogr. vol. p. 41-106. Index
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