La doctrine politico-juridique des mouvements islamistes au Maroc à l'épreuve de la participation politique : cas du Mouvement de l'Unicité et de la Réforme, de l'Alternative Civilisationnelle et du Mouvement pour la Oumma (1970-2015)

par Abdellatif Benbounou

Thèse de doctorat en Sciences juridiques

Sous la direction de Jean-Philippe Bras et de Mohamed Tozy.

Soutenue en 2016

à Rouen en cotutelle avec Casablanca, Université Hassan II , dans le cadre de École doctorale Droit-Normandie (Rouen) , en partenariat avec Centre universitaire rouennais d'études juridiques (laboratoire) et de Normandie Université (autre partenaire) .

Le président du jury était Hassan Rachik.

Les rapporteurs étaient Mohammed Mouaqit, Antoine Mégie, Saïd Chikhaoui.


  • Résumé

    Cette étude a pour objectif de démontrer le processus d'évolution ainsi que la transformation doctrinale des mouvements islamistes marocains issus de la Jeunesse Islamique (la Chabiba islamiya). Nous avons choisi d'étudier la doctrine des trois mouvements islamistes fondamentaux à l'épreuve de leur participation politique. Nous traiterons donc du Mouvement de l'Unicité et de la Réforme (MUR) et de son aile politique le PJD (Parti de la Justice et développement), de l'Alternative Civilisationnelle et du Mouvement pour la Oumma (MPO). Ces trois mouvements ont fait un effort considérable qui a abouti à une révision de leur idéologie politique en vue de trouver une place au sein du champ politique marocain, parmi d'autres acteurs politiques. Les principes de l'Islam sont la référence de ces trois mouvements, auxquels l'Alternative Civilisationnelle a ajouté la sagesse humaine. La représentation du rapport du politique et du religieux a connu une évolution. Les leaders de ces mouvements opèrent une distinction théorique entre le domaine religieux et le domaine politique, mais en pratique leur participation politique n'est pas totalement protégée de tout acte d'instrumentalisation de la religion à des fins politiques. L'institution califale est considérée comme une expérience historique. Donc l'Etat est une institution civile qui veille au service de la nation. Choura est un principe qui n'est pas contraire à la démocratie. Cette dernière garantit le pluralisme politique et le respect des droits de l'homme avec cependant, certaines réserves. La charia ne devient plus un enjeu d'application car sa finalité est en compromis avec les règles du droit positif. Le MUR et son aile politique, le PJD, avaient déjà légalisé leur situation. Le PJD est reconnu comme un parti politique officiel et principal de la carte partisane marocaine. La limite de leur revendication politique et le contexte politique qu'a traversé le pays durant les événements du printemps arabe, a conduit le PJD à exercer le pouvoir en dirigeant le gouvernement sous l'orientation de la nouvelle Constitution de 2011. Malgré la reconnaissance récente du parti de l'Alternative Civilisationnelle, issu d'une association qui porte la même nomination, ce courant a été radié de la liste des partis politiques du fait de sa position politique d'une part, et du fait que la carte politique partisane ne garantit pas encore l'existence de ce mode du courant islamiste unificateur, d’autre part. Le MPO a développé une doctrine politique réformiste, mais sa recherche d'une reconnaissance officielle par le régime n'a pas abouti. La tentative de création d'un parti politique autonome sous la nomination « Parti de la Oumma » a fini par une interdiction issue du Ministère de l'Intérieur et motivée par une décision judiciaire


  • Résumé

    This study aims at showing the evolution process and the transformation of doctrines of the Moroccan Islamic movements originating from Islamic youth (the chabiba islamiya). We decided to study the doctrines of three fundamental Islamic movements through the trials of their political participation. Thus, we will discuss the Reform and Uniqueness Movement (RUM) and its political wing the PJD (Party of Justice and Development), the civilizational alternative and the Movement for the Ummah (MFU). These three movements made a substantial effort which resulted in a revision of their political ideology in order to position themselves within the Moroccan political sphere, amongst other political actors. The principles of Islam are taken as a reference for these three movements, to which the Civilizational Alternative added the Human wisdom. The representation of the relationship between politics and religion has evolved. The leaders of these movements draw a theoretical distinction between the religious field and the political one; nonetheless, in practical terms, their political participation is not completely protected from an instrumental use of religion for political purposes. The caliphate institution is considered as a historical experience. Thus, the State is a civil institution in the service of the nation. Choura is a principle not contrary to democracy. The latter ensures political pluralism and respect for Human rights although there are some reservations. The application of the Charia is not the challenge anymore because its purpose is compromised by the rules of the positive law. The RUM and its political wing, the PJD, have already legalized their situation. The PJD is recognized as the official and main party of Morocco’s partisan political landscape. The limit to their political demand and the political context of the country during the Arab spring events, lead the PJD to exercise power by running the government under the guidance of the new constitution of 2011. Despite the recent recognition of the Civilizational Alternative, as an association having the same name, this association has been removed from the list of recognized political parties due to its political position, and the fact that the political parties map does not ensure the existence of this Islamic unifying current. The MPO (Mouvement for Oummah) has developed a reforming political doctrine, but its quest to get an official recognition from the regime did not succeed. The attempt at creating an autonomous political party named “Ummah Party” has been concluded by a ban from the Ministry of the Interior and supported by a judicial decision

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Informations

  • Détails : 1 vol. (370 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 350-370. Glossaire

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  • Bibliothèque : Université de Rouen. Service commun de la documentation. Section Droit - Économie - Gestion.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : J11857
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