Temporality in the postmodern times and the ottoman nostalgia in Turkey

par Zafer Çeler

Thèse de doctorat en Sciences politiques

Sous la direction de Gilles Dorronsoro et de Nilgün Tutal Cheviron.

Soutenue le 03-12-2016

à Paris 1 en cotutelle avec Galatasaray üniversitesi (Istanbul) , dans le cadre de École doctorale de science politique (Paris) , en partenariat avec Centre européen de sociologie et de science politique (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Olivier Grojean.

Le jury était composé de Gilles Dorronsoro, Nilgün Tutal Cheviron, Michel Bourse.

Les rapporteurs étaient Ali Ergur.

  • Titre traduit

    La temporalité dans le temps postmoderne et la nostalgie ottomane en Turquie


  • Résumé

    En Turquie, il y a un intérêt croissant pour le passé ottoman au cours de la décennie dernière. Le désir pour le passé ottoman semble envahir la société turque. Les images, les objets et les discours liés à l'histoire ottomane ont fait leur apparition dans les séries télévisuelles, les discours politiques, les manifestations sur les médias sociaux, dans l'architecture et la décoration de maison. Cette étude vise à comprendre les raisons d'un tel essor pour le passé ottoman dans la société turque par rapport à la transformation de l'histoire, et les changements dans les modes d'engagement avec le passé dans les sociétés occidentales modernes. Elle tente d'analyser ce nouvel intérêt à travers les références à la fois à la dynamique interne de la modernisation turque et aux changements structurels plus généraux au sein des sociétés modernes. Les débats sur le néo-ottomanisme affirment que cet intérêt est le résultat de la stratégie politique turque dans la scène politique internationale, ou bien qu'il est une tentative délibérée du gouvernement conservateur pour mettre en place un nouveau discours historique. Cette étude, au-delà de ces arguments, soutient que l'intérêt trouvé vers le passé ottoman est une conséquence de la convergence des changements et des ruptures que la société turque a confronté depuis les années 1980 et des continuités au sein de la modernisation turque.La transformation et les changements survenus après par l'intégration de l'économie turque au réseau néo-libéral mondial ne sont pas seulement limités au domaine économique, mais aussi ont affecté les structures sociales, culturelles et politiques. Cette formation sociale a provoqué la transformation des formes d'engagement avec le passé de la société turque. À cet égard, la montée de la nostalgie ottomane implique un changement structurel de la société, ce qui nécessite d'éclairer les changements que les sociétés modernes ont subi à la suite du capitalisme tardif et de son édifice néo-libéral. Cette transformation a provoqué un changement de la temporalité où le passé devient une réserve de références ahistoriques. La temporalité post-moderne provoque l'effondrement des structures sociales, politiques et culturelles dans un abîme des références vides ahistorique à la suite de détemporalisation de l'histoire. La nostalgie ottomane de la société turque peut être expliquée par rapport à ce changement temporal. D'autre part, parmi ces changements et la transformation, les continuités des caractéristiques fondamentales de la modernisation turque devraient également être soulignées. L'intégration de la société turque dans l'économie de marché néo-libéral a été réalisé par un coup d'État qui a créé une condition sociale dans laquelle une vaste autoritarisme de l’État et de l'économie de marché libre ont existé côte à côte. Cette étude affirme que la caractéristique fondamentale définissant la modernisation de la Turquie est un modernisme réactionnaire. Celui-ci est entendu dans ce travail comme une adaptation sélective de la modernité occidentales.C’est dans l’objectif d'éviter les complexités de la société moderne. Cela a causé une réduction de modernisation au développementalisme monolithique. Ce modernisme réactionnaire s'établit à travers une distinction fondamentale entre la civilisation et la culture. Dans cette distinction, alors que la civilisation signifie un développement technologique, la culture se réfère aux caractéristiques innées de la nation comme des caractéristiques étrangères aux idéaux universels des Lumières. Du kémalisme organiciste, corporatiste et solidariste au néo-libéralisme autoritaire de la période post-1980, le modernisme réactionnaire se soutient comme une caractéristique essentielle et continue de la modernisation turque. [...]


  • Résumé

    In Turkey, there has been an increasing interest towards the Ottoman past in recent years. The appetite for the Ottoman past seems invading the Turkish society. The images, objects and discourses related to the Ottoman history have been appearing in from television series, political discourses and manifestations to social media, from architecture to house decorations. This study aims to understand the reasons for such a revival of the Ottoman past in Turkish society within the framework of the transformation of the history, and the changes in the ways of engagement with the past in modern societies. It attempts to analyse this new interest through the references both to the internal dynamics of the Turkish modernisation and to the more general structural changes within the modern societies. The debates over the neo-Ottomanism either claim that it is strategic policy in the international political stage, or assert that it is a deliberate attempt of the conservative government to establish a new historical discourse. This study, beyond these arguments, contends that the interest towards the Ottoman past is a consequence resulting from the convergence of the changes and ruptures that the Turkish society has been experiencing since the 1980s and of the continuities within the Turkish modernisation. The transformation and changes brought by the integration of the Turkish economy into the global neo-liberal network were not only limited to the economic field, but also affected the social, cultural and political structures. This social constitution caused the transformation of the ways and forms of engagement with the past in the Turkish society. In this regard, the surge of the Ottoman nostalgia implies a structural change of society that can only be explained through illuminating the changes that the modern societies have been undergoing as a result of the arrival of late-capitalism and its neo-liberal edifice. This transformation brought up a change in the temporality in which the past becomes a reserve of ahistorical references. The late-modern or post-modern temporality causes the collapse of the social, political and cultural structures into an abyss of the ahistoric empty references as a result of detemporalisation the history. The Ottoman nostalgia in the Turkish society can be explained within this change of temporality. On the other hand, among these changes and transformation, the continuities of the fundamental characteristics of the Turkish modernisation should also be emphasised. The integration of the Turkish society into the neo-liberal market economy was brought up by a coup d’état which created a social condition in which extensive state authoritarianism and free-market economy have existed side by side. This study claims that the fundamental characteristic defining the Turkish modernisation is reactionary modernism which means a selective approach to modernity in order to avoid the complexities of the modern society by reducing the modernisation into monolithic developmentalism. Reactionary modernism establishes itself on a fundamental distinction between civilisation and culture. In this distinction, while civilisation means a technological development, culture refers to the innate characteristics of the nation as alien features to the universal ideals of the Enlightenment. From the organicist, solidarist corporatism of Kemalism to the neo-liberal free-market authoritarianism of the post-1980 period, the reactionary modernism sustained itself as the continuing characteristic of the Turkish modernisation. [...]

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