Surveillance et contrôle du moustique tigre, Aedes albopictus (Skuse, 1894) à Nice, sud de la France

par Saïd Chaouki Boubidi

Thèse de doctorat en Ecologie de la santé

Sous la direction de Didier Fontenille.

Le président du jury était Frédéric Simard.

Le jury était composé de Didier Fontenille, Frédéric Simard, Pascal Delaunay, Arezki Izri, Gérard Duvallet.

Les rapporteurs étaient Pascal Delaunay, Arezki Izri.


  • Résumé

    Le moustique tigre Aedes albopictus, pur produit de la mondialisation, s’est installé en Europe dans les années 1970s, et en région PACA en 2004, grâce au transport intercontinental de ses œufs, capables de résister à la dessiccation et d’effectuer une diapause. Ce moustique est capable de transmettre 27 virus comme la dengue, zika et chikungunya. Le premier objectif du présent travail a été l’étude des aspects biologique d’Ae. albopictus dans son milieu naturel dans une région où il s’est implanté depuis plus de 10 ans, à Nice au sud-est de la France. Nous avons utilisé différentes méthodes de captures : les pièges pour adultes BGs ®, les pièges pondoirs avec une infusion de foin pour la récolte des œufs ainsi que la capture sur Homme, afin d’apprécier la densité de ce moustique, ses fluctuations spatiotemporelles et les taux de parturité des femelles. Les deux années de l’étude de la dynamique saisonnière ont montrés un début d’activité des moustiques au mois d’avril atteignant un pique d’activité en Juillet-Août et diminuant par la suite jusqu'à ce que l'activité a cessé au mois de novembre. Nous avons enregistré des taux de parturité élevées qui se sont stabilisés entre 0,52 et 0,71 entre le mois de juin et octobre respectivement. Ces taux de parturités indiquent un taux de survie élevé qui pourrait être encore supérieur à cause du comportement de skip oviposition des femelles Ae. albopictus. De plus nous avons mis en évidence un taux important de femelles gravides (jusqu’à 44 %) capturées sur Homme indiquant une prise de repas multiples durant un même cycle gonotrophique. L'objectif principal de ce travail a été d'évaluer l'efficacité des pulvérisations spatiales d’Ultra Bas Volume (UBV) d’insecticides, la principale méthode utilisée dans le cas de foyers urbains. La population locale d’Ae. albopictus a montré une forte sensibilité à la deltaméthrine (le seul insecticide homologué pour lutter contre les moustiques adultes en France) bien que les mâles ont été beaucoup plus sensible que les femelles. Une comparaison des résultats par application topique et par les tests en tube OMS a confirmé que cette différence a été due à la plus petite taille des mâles par rapport aux femelles. Durant six essais sur le terrain, on n’a obtenu aucun impact significatif des traitements UBV de deltaméthrine sur les femelles, bien qu'il y ait eu une réduction significative des mâles. En revanche, le traitement par thermonébulisation autour d’un petit groupe de maisons a permis une quasi-élimination (95%) des moustiques mâles et femelles. Ces résultats apportent un élément de réponse sur les stratégies à mener en santé publique. Enfin, l'efficacité de plusieurs formulations de peintures insecticides issues de la technologie de microencapsulation ont été testée dans des conditions de laboratoire et de terrain. Les résultats ont été encourageants et les tests ont démontré que les peintures à base d’organophosphorés ont une rémanence de 2 ans. Le but ultime était d'utiliser des pièges pondoirs traités avec ces peintures insecticides comme une méthode de contrôle: en théorie, cette méthode vise l’exploitation du comportement de skip oviposition qui oblige les femelles à déposer leurs œufs sur plusieurs gîtes différents augmentant la probabilité pour que celles-ci rencontrent un piège pondoir traité avec un insecticide. Dans un petit essai sur le terrain, cependant, aucun impact sur la population sauvage n’a été observé. Nous discutons de cette méthode ainsi que de son intérêt face à la menace toujours grandissante liée à la propagation continuelle d’Ae. albopictus à travers le monde.

  • Titre traduit

    Surveillance and control of the Tiger mosquito, Aedes albopictus (Skuse, 1894) in Nice, south of France


  • Résumé

    The Asian Tiger mosquito, Aedes albopictus, first appeared in Europe in the 1970s,almost certainly a result ofintercontinental transport of its dessication-resistant eggs. In the laboratory,the species is capable of transmitting 27 viruses including Yellow Fever, dengue, chikungunya and zika, although in the field it is not considered an efficient vector because it is not host-specific.The first objective of our studies was to monitor aspects of the biology of the species in Nice (southeastern France), where it has been established for more than 10 years. Infusion-baited ovitraps, B-G® adult traps and human landing captures were used to reveal seasonal population fluctuations, parous rates and other parameters. In two complete years of study, adult mosquitoes began to appear in April, reached a plateau in July-August and declined thereafter until activity ceased in November. Parous rates were stable from June to October (0,52 to 0,71%) indicating a balance between recruitment (eclosion) and mortality. During this period, daily survival probability was high although this may be an underestimate if the duration of the gonotrophic cycle is extended by skip oviposition. Up to 44% of females captured by landing capture were gravid, confirmation of multiple blood-meals per gonotrophic cycle.The main focus of the work was an assessment of the efficacy of Ultra-low Volume (ULV) space sprays, the principal method used in the event of urban outbreaks. The local population proved highly susceptible to deltamethrin (the only insecticide approved for adult mosquito control in France) although femaleswere significantly less susceptible than males. A comparison of results by topical application and by the WHO tube test confirmed this difference is a function of size. In six separate field trials,there was no evidence of any impact of ULVdeltamethrin on females although there was a significant reduction of males. By contrast, outdoor treatment of a small cluster of homes with a portable thermal fogger gave virtual elimination (ca. 95%) of both sexes.These results are clearly of public health significance.Lastly, the efficacy of several slow-release formulations of microencapsulated insecticide in paint was tested in laboratory and semi-field conditions. Results were encouraging and tests demonstrated that the paints remained effective for 24 months on plastic surface. The ultimate goal was to use paint-treated ovitraps as a control method: in theory, skip ovipositon should ensure a high probability that ovipositing females will make contact with a treated trap on their rounds of suitable oviposition sites. In a small field trial, however, no impact on the wild population was observed. This may have been because too few treated traps were deployed; further studies along these lines could prove worthwhile.


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