Temps, soi et schizophrénie

par Brice Martin

Thèse de doctorat en Psychologie cognitive

Sous la direction de Nicolas Franck et de Anne Giersch.

Soutenue le 28-11-2016

à Lyon , dans le cadre de École Doctorale Neurosciences et Cognition (NSCo) , en partenariat avec Université Claude Bernard (Lyon) (établissement opérateur d'inscription) et de Institut de sciences cognitives (Lyon) (laboratoire) .

Le président du jury était Jennifer Theresa Coull.

Le jury était composé de Virginie Van Wassenhove.

Les rapporteurs étaient Bernard Pachoud, Chlöé Farrer.


  • Résumé

    Les troubles de la temporalité dans la schizophrénie ont fait l’objet de nombreuses descriptions cliniques, notamment de la part de la phénoménologie psychiatrique. Cette dernière considère le temps comme un contenant plus qu’un contenu de la perception c'est-à-dire un processus constitutif essentiel de l’expérience subjective : la conscience est en effet structurée dans le temps. Dans le modèle de Husserl, le temps, assure au travers de processus automatiques de rétention, de présentation et de protention une mise en forme stable et continue de l’expérience. En témoigne l’image de la perception d’une mélodie où chaque note perçue est, au moment même de sa perception, reliée et perçue avec la note précédente qui n’existe plus (rétention) et fait l’objet d’une anticipation vers la note à venir qui n’existe pas encore (protention). Ces processus automatiques déterminent dans ce modèle la capacité du sujet à nouer un sentiment de familiarité avec sa propre expérience, qu’il perçoit comme stable et continue.L’un des modèles phénoménologiques des troubles schizophréniques postule un vacillement des processus assurant la structuration temporelle de la conscience, qui induit par conséquent le vacillement de l’expérience subjective à son niveau le plus basique et détermine un vécu d’étrangeté du sujet à l’égard de sa propre expérience. Ces approches descriptives trouvent cependant leurs limites dans la mesure où la description des processus de temporalisation d’autrui s’avère difficile d’accès par une méthode introspective. Approcher les processus de temporalisation par les sciences cognitives pourrait permettre de dépasser ces limites. Les travaux récents sur l’altération des jugements de simultanéité (qui ne semble cependant pas signer une fusion des évènements à un niveau implicite et automatique) et des processus élémentaires d’anticipation temporelle (évalués cependant à l’échelle de la milliseconde) dans les troubles schizophréniques ainsi que les liens qu’il est possible d’entrevoir avec la théorie du codage prédictif de l’information fournissent un premier ensemble de données très encourageant sur le chemin d’une compréhension cognitiviste du temps schizophrénique. L’objectif de notre travail a consisté à valider d’une part l’hypothèse d’une dissociation des capacités conscientes et automatiques de discrimination des événements dans le temps, en utilisant les paradigmes qui explorent les contraintes temporelles de l’intégration multisensorielle...

  • Titre traduit

    Time, self and schizophrenia


  • Résumé

    Time disorders in schizophrenia have been the subject of numerous clinical descriptions, particularly from the psychiatric phenomenology. The latter considers time more as a container than a content of perception that is to say an essential component of subjective experience: consciousness is indeed structured in time. Husserl describes a tripartite structure of time consciousness, which is seen as an automatic integration of the past, the present, and the future. He gives the example of music. When we listen to a melody, we are conscious of the present note but still have the previous note in mind (“retention”) and usually anticipate the note to come. These automatic processes determine in this model the subject's ability to forge a sense of familiarity with his own experience, lived as stable and continuous.One of phenomenological models of schizophrenic disorders postulated a breakdown of the temporal structure of consciousness, which consequently induces disturbances of subjective experience at its most basic level (the level of minimal self) and determines a subject lived strangeness to respect of his own experience. These descriptive approaches, however, are limited by the extent that it is difficult to describe temporality of others by introspective method. Thus, exploring process of temporality by cognitive sciences could help to overcome these limitations. Recent work focusing on the alteration of simultaneity judgments (which does not seem to sign a merger events to an implicit and automatic level) and basic temporal predictive processes (however measured at the scale of a millisecond) in schizophrenic disorders and the links it is possible to foresee with predictive coding theory provides a very encouraging first set of data on the way to a cognitive understanding of schizophrenic time. The objective of our work was to validate the one hand the hypothesis of dissociation between conscious and automatic discrimination of events in time, using paradigms assessing the temporal constraints of multisensory integration (Study 1). On the other hand, we studied directly implicit time prediction with a dedicated paradigm (in this case, the temporal orientation task, Study 2). We also analyzed the automatic responses of subjects in an event discrimination task in time to check what patients can and can not predict (Study 3). We also explore the hypothesis of a link between temporal and minimal self by looking for correlations between performance...


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