La question du solipsisme dans les premiers travaux de Sartre et Wittgenstein

par Timur Uçan

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Emmanuel Bermon et de Rupert J. Read.

Soutenue le 23-09-2016

à Bordeaux 3 en cotutelle avec l'University of East Anglia , dans le cadre de École doctorale Montaigne-Humanités (Pessac, Gironde) , en partenariat avec Sciences, Philosophie, Humanités (Bordeaux) (laboratoire) et de University of East Anglia (Etablissement d'accueil) .

Le président du jury était Oskari Kuusela.

Le jury était composé de Katherine J. Morris, Jean-Philippe Narboux.

Les rapporteurs étaient Oskari Kuusela, Katherine J. Morris.


  • Résumé

    Le solipsisme a été thématisé comme un préalable pour fonder la connaissance au dix-septième siècle. Cette doctrine suggérait, qu’en vue de la certitude, il fallait admettre transitoirement la concevabilité d'un doute portant sur l'existence du monde extérieur en totalité et des autres esprits. L'existence du monde extérieur a pu ainsi être tenue pour établie à l'occasion de preuves de l'existence d'un créateur unique ou tenue pour assurée à l’aide d'une déduction transcendantale. En comparaison, rien ne semble pouvoir prouver l'existence des autres. D'une part, rien ne semble compter comme une preuve a posteriori de l'existence d’autrui, puisque ce doute ne peut s'appuyer sur l'expérience. D'autre part, une preuve permettant de lever ce doute ne peut être produite a priori, puisque l'absence empirique généralisée des autres est concevable a posteriori. Ainsi, rien ne semble exclure la possibilité d'une découverte a priori de son unicité. Cette thèse entreprend de mettre au jour le traitement de cette difficulté par Sartre et Wittgenstein. Les deux philosophes se sont confrontés à l'illusion de confinement qui est le corollaire de l’admission, à titre de possibilité pertinente, de l'absence généralisée des autres esprits. Sartre propose dans L'être et le néant une preuve conceptuelle de l'existence d'autrui pour montrer que ledit problème théorique de l'existence d'autrui est un faux-problème, tandis que Wittgenstein propose dans le Tractatus de dissoudre les problèmes philosophiques de l'existence du monde extérieur et des autres esprits par le biais d'une réflexion sur les conditions d'intelligibilité de l'expression. Dans les deux cas, il s'agit de dissiper l’apparence d’un doute portant sur le monde en totalité et du même coup sur les autres esprits. Non seulement une preuve de l'existence d'autrui est impossible, mais elle est en plus superflue. Ainsi, requérir une telle preuve ne peut que conduire à manquer l’obviété de nos engagements envers les autres, et par là au déni de leurs existences.

  • Titre traduit

    The issue of Solipsism in the Early Works of Sartre and Wittgenstein


  • Résumé

    Solipsism was conceived as a preliminary to grounding knowledge in the seventeenth century. This doctrine suggested that, in order to achieve certainty, one had to temporarily admit the conceivability of doubt about the existence of other minds and the external world as a whole. The existence of the external world was then taken to be established by means of proofs of the existence of a unique creator, or assured by means of transcendental deduction. By comparison, nothing seems to prove the existence of others. On the one hand, nothing seems to count as proof a posteriori of the existence of others, for the doubt it would dispel cannot be grounded in experience. On the other hand, nor can a proof which would dispel such doubt be produced a priori, for the empirical and generalized absence of others is conceivable a posteriori. Thus, nothing seems to exclude the possibility of an a priori discovery of one’s unicity. This thesis endeavours to bring out the similarity of the treatment of this difficulty by Sartre and Wittgenstein. Each of these philosophers confronted the illusion of confinement that presupposes admitting the generalized absence of others. In Being and Nothingness, Sartre proposes a conceptual means to establish that the theoretical problem of the existence of other minds is a pseudo-problem. In the Tractatus, Wittgenstein proposes to dissolve the philosophical problems of the existence of the external world and the existence of other minds via reflexion on the intelligibility conditions of expression. Both cases involve dispelling the appearance that doubt about the world and other minds is possible and required. Not only that proof of the existence of other minds is impossible, it is also superfluous. To require such a proof therefore can lead to nothing but missing the obviousness of our commitments to others, and thereby to denying their existence.

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