« Par tous les moyens, même artistiques » : Guy Debord stratège : Modélisation, pratique et rhétorique stratégiques

par Emmanuel Guy

Thèse de doctorat en Littérature française. Littérature comparée. Histoire de l'Art

Sous la direction de Anne Larue et de Fabrice Flahutez.

Soutenue le 09-03-2015

à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Érasme (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis) , en partenariat avec Université Paris 13 (établissement de préparation) et de Pléiade (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis) (laboratoire) .

Le président du jury était Élisabeth Belmas.

Les rapporteurs étaient Sarah Wilson, Annie Claustres.


  • Résumé

    Cette thèse se propose d'étudier l'imaginaire guerrier et la pensée stratégique dans l'œuvre de Guy Debord (1931-1994). L'hypothèse qui sous-tend cette recherche est la suivante : la stratégie constitue pour Debord le lieu où réaliser l’exigence qui caractérise son projet révolutionnaire – réunir dialectiquement la théorie et la pratique, le sérieux et le ludique, l’artistique et le politique. Conçu dès le milieu des années 1950 et pratiqué jusqu'à la fin de sa vie par Guy Debord, le Jeu de la guerre fournit la matrice de cette étude. Lorsqu'il imagine le Jeu de la guerre, Debord agit en designer soucieux de créer une interface entre théorie et pratique ainsi qu'un outil d'émancipation. Ce jeu hérite autant des kriegsspiele militaires du 18ème siècle que des jeux développés par les avant-gardes artistiques au 20ème siècle. Il se présente à la fois comme projet de design critique, plateau de jeu, objet plastique, "situation" modélisée, marchandise, dispositif réflexif et mémoriel, et lieu d'un dialogue entre les lectures et la vie vécue. À l'appui des archives de Guy Debord et notamment de ses fiches de lectures, cet objet fournira également l'occasion de proposer des études de cas stratégiques tant dans l'action collective au sein des avant-gardes internationales lettristes (1952-1957) et situationnistes (1957-1972), que dans l'œuvre individuelle de Guy Debord. L'élection de la stratégie comme champ d'investigation à privilégier à partir de 1972, et la traduction de ce goût dans les œuvres ultérieures de Guy Debord, permettra finalement d’envisager l’autoportrait de l’artiste en stratège, ou du stratège en artiste, que propose Debord à la postérité.

  • Titre traduit

    "By every means, even artistic ones" : Guy Debord as, strategist : Strategic Modelization, Practice and Thetoric


  • Résumé

    This doctoral research studies war imagery and strategic thinking in Guy Debord's œuvre. It explores strategy as the field in which Debord's revolutionary project is best considered: dialectically uniting theory and practice, seriousness and play, art and politics. Conceived by Debord in the middle of the 1950s and played until the end of his life, the Game of War provides the matrix for this research. When developing the "Jeu de la guerre", Debord is using design-thinking to create an interface between theory and practice, along with an emancipatory tool. The game draws on both the military kriegsspiele and the numerous games developed by modernist avant-garde groups. It is at once a board game, a work of art and design, a paradigmatic situation, a commodity, an apparatus for reflection and memory, and a place where literature and life enter into dialogue. With reference to Debord's archives, and to his reading notes in particular, this object will also provide opportunities for strategic case studies in both the collective action of the lettrist (1952-1957) and situationist (1957-1972) avant-garde groups, and in Debord's individual work. Debord's choice of strategy as his main field of study from 1972 onwards, and the translation of this interest into his later works, ultimately allow us to draw the portrait of the artist-as-strategist, or of the strategist-as-artist, that Debord left to posterity.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : Université Paris 13 (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis). Bibliothèque universitaire.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.