La migration des sénégalais qualifiés en France : entre transnationalisme et construction diasporique

par Marame Cissé

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Alia Gana et de Abdoulaye Niang.

Soutenue le 22-01-2015

à Paris 10 en cotutelle avec l'Université de Saint-Louis (Sénégal) , dans le cadre de École doctorale Économie, organisations, société (Nanterre) , en partenariat avec LADYSS (laboratoire) .

Le président du jury était François Vatin.

Le jury était composé de Alia Gana, Abdoulaye Niang, François Vatin, Boubacar Ly, Pierre-Philippe Rey, Fatou Diop, Gora Mbodj.

Les rapporteurs étaient Boubacar Ly, Pierre-Philippe Rey.


  • Résumé

    Dans le contexte actuel caractérisé par de multiples échanges économiques, politiques, sociaux, technologiques, la mobilité des scientifiques et autres travailleurs sénégalais qualifiés s’est accrue. Ces derniers, tout en vivant en France, maintiennent des relations avec leurs communautés d’origine, tissent des liens entre eux. Ils s’auto-organisent en réseaux et participent de plus en plus à des « investissements à distance » ou à des missions d’expertise au Sénégal qui leur permettent d’articuler « l’ici » et « le là-bas ». Ces nouvelles dynamiques migratoires (grande mobilité, relations interpolaires, associations multi-sites) permettent de revisiter le concept de diaspora. Ainsi, à la suite du « brain drain », « brain gain », du « retour des cerveaux », les notions telles que DKN (diaspora knowledge networks (diaspora du savoir) ou DST « diaspora scientifique et technique » émergent pour analyser les collectifs (associations ou réseaux) auto-organisés de migrants constitués sur la « base sociale de l’unité de compétence et de projet » et qui s’impliquent au développement de leur pays d’origine (Meyer 2008). Nous utilisons ce cadre d’analyse renouvelé du concept de diaspora pour étudier différentes formes de participation aux dynamiques de développement du Sénégal des migrants sénégalais hautement qualifiés en interrogeant ceux qui ont effectué des missions d’expertise dans le cadre du TOKTEN (Transfer of Knowledge Through Expatriate Nationals), PAIDS (Programme d’Appui aux Initiatives de Solidarité pour le Développement) et ceux qui s’activent dans les associations qui mènent au Sénégal des activités dans les domaines socio-économiques et scientifiques / techniques. Les résultats montrent que les dynamiques de construction diasporique s’appuient sur des mécanismes institutionnels de mobilisation des experts qualifiés mais elles sont également fortement structurées par les parcours de vie et de migration des migrants qualifiés caractérisés à la fois par la sédentarisation et la mobilité ainsi que par le maintien de liens culturels et symboliques avec le pays d’origine.

  • Titre traduit

    The migration of skilled Senegalese in France between transnationalism and diaspora


  • Résumé

    In the current context characterized by multiple economic, political, social and technological exchanges, the mobility of scientists and other highly skilled Senegalese workers has increased. The latter, while living in France, maintain relations with their homeland and among themselves. They self-organize into networks and participate more in « distance investments » or expert missions in Senegal, which allow them to articulate « here» and « over there». These new dynamics of migration (mobility, interpolar relations, and multi-site organizations) allow reexamining the concept of diaspora. Thus, following the « brain drain» », « brain gain», the « brain reverse», concepts such as DKN ( diaspora knowledge networks) or DST (scientific and technical diaspora) emerge to analyze migrants’ self- organizations (associations or networks) based on the unity of competence and project (Meyer 2008) and which are involved in the development of their homeland. I use this renewed framework of the concept of diaspora to study the different forms of participation in the development of Senegal, by interviewing skilled Senegalese migrants who have carried out missions of expertise through TOKTEN (Transfer of Knowledge Through Expatriate Nationals) and PAID (Program of Solidarity for Development) and those who are active in associations leading activities in Senegal in the socio-economic and scientific / technical field. The results show that the process of diaspora construction relies on institutional mechanisms which allow mobilizing skills; but they are also highly structured by the life story and migratory career of the skilled migrants characterized by settlement, mobility and maintain of cultural and symbolic links with the home country.


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