La Bête en l’Homme : l’animalité humaine dans l’oeuvre de Sade

par Vincent Jolivet

Thèse de doctorat en Littérature et civilisation française

Sous la direction de Jacques Berchtold.

Soutenue le 30-11-2015

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris) , en partenariat avec CELLF (laboratoire) .

Le président du jury était Florence Lotterie.

Le jury était composé de Jean-Christophe Abramovici, Michel Delon, Stéphanie Genand, Philippe Roger.


  • Résumé

    La notion d’animalité est au cœur des préoccupations du siècle des Lumières comme de l’œuvre de Sade, qui la place au centre de son entreprise de déstabilisation des valeurs et de son système scandaleux. Avec lui, l’animal apparaît pour ce qu’il est véritablement au plan philosophique : un merveilleux dynamiteur de certitudes propre à ébranler tous les systèmes trop rigides ; une bombe à retardement éthique susceptible de ruiner toute morale et d’autoriser tous les crimes ; un dangereux laboratoire intellectuel où se théorise et s’expérimente toute grande déshumanisation à venir. Héritier du matérialisme philosophique de son temps, Sade refuse en effet de voir en l’Homme autre chose qu’un banal agencement d’atomes, qu’une très ingénieuse mécanique, et fait ainsi de lui un simple animal parmi d’autres ; mais, à la différence de ses maîtres à penser, lui entend bien tirer toutes les conséquences morales d’une telle destitution métaphysique. Greffant à cette rentrée dans le rang ontologique toute l’infamie de l’ancienne conception de l’animal, qui voyait en ce dernier sur le plan moral un inquiétant concentré de tous les vices et de toutes les licences, l’écrivain en vient à proposer la synthèse aberrante des aspirations et des craintes de son époque. Prenant la posture d’un Rousseau gagné au crime, il imagine une entreprise de renaturation pour le pire de l’espèce humaine, où l’Homme vient se faire loup pour l’Homme avec l’appui de la logique et la bénédiction de la raison. Programme de retour résolu à l’animalité qu’il ne parvient toutefois pas toujours à tenir, l’animal se révélant pour lui aussi un terrain philosophique piégeux.

  • Titre traduit

    Beast within Man : human animality in Sade’s works


  • Résumé

    Animality is one of the most topical questions for the thinkers of the Enlightenment. The nature of the soul and the criterion of men’s specificity, the origin of knowledge and the functioning of the body, the classification of species and the animal’s rights are all at the heart of debates and reflections of the time. And so they are in the marquis de Sade’s works, whose ambition to destabilize the humanistic values finds with this question a very convenient philosophical instrument. With Sade, the animal appears in fact what he is as far as philosophy is concerned: a powerful weapon for skeptical thinkers, a metaphysical bomb able to blow away all ethics, an operative concept to work out the next enslavements to come. Inspired by the French materialist thinkers, Sade considers Man as an animal amongst others and views human beings as mere assembling of atoms and efficient machineries; but contrary to them, he tries to draw the conclusions of such a statement and tends to make him a brute. Playing the part of some sort of criminal Rousseau eager to push mankind into violence and depravation, he rationally advocates a frightening return to the most primitive bestiality and calls for a general step back to the times when Man was still a wolf for Man. A program that however he isn’t always able to stick to, animal turning out to be a very tricky philosophical ground even for him.


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