Pouvoirs et territoires en Aquitaine du VIIe au Xe siècle : enquête sur l'administration locale

par Jean-François Boyer

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Philippe Depreux.

Le président du jury était Christian Lauranson-Rosaz.

Le jury était composé de Philippe Depreux, Bertrand Lançon, Laurent Schneider.

Les rapporteurs étaient Josiane Barbier, Christine Delaplace.


  • Résumé

    L’analyse des trientes ou tiers de sou d’or aquitains produits de la fin du VIe à la fin du VIIe montre que ces pièces ne constituent pas une monnaie d’échange classique. Les multiples noms de lieu et les noms de monétaires qui y sont inscrits révèleraient en fait une administration des territoires : les lieux d’émission peuvent correspondre à autant de recettes fiscales, les monétaires seraient des agents administratifs en charge de la gestion de cette collecte organisée au sein des vici, districts administratifs de base hérités de l’Antiquité. Le regnum Francorum unifié sous Clotaire II puis Dagobert I perd sa cohérence après le milieu du VIIe siècle. A partir du début du VIIIe siècle, au plus tard, l’Aquitaine paraît échapper au pouvoir de la dynastie mérovingienne. Ses ducs ou principes jouissent d’une large autonomie ; ils perçoivent les revenus fiscaux et nomment les comtes. Après la vigoureuse reprise en main de Pépin le Bref, Charlemagne érige l’Aquitaine en un regnum confié à Louis le Pieux. Il agrège pour cela à l’Aquitaine proprement dite (Poitou, Berry, Auvergne, Limousin et comtés plus petits situés plus au sud), la Marche de Toulouse, la Gascogne (de la vallée de la Garonne aux Pyrénées) et la Septimanie. Afin de gérer au mieux des cités parfois très étendues, le nouveau pouvoir carolingien met en place des vicarii, probablement affectés au niveau vicinal, pour seconder les comtes ; quelques dizaines d’années plus tard, apparaissent progressivement les vicariae, dans lesquelles le vicarius, paraît jouer un rôle de médiateur entre les communautés d’habitants et le pouvoir comtal. On le perçoit à la fin du IXe siècle et dans la première moitié du suivant comme un notable, membre à part entière de ces communautés. Cette organisation vicariale paraît avoir pris appui sur les anciens vici, districts administratifs. Les vici mérovingiens pourraient avoir été aussi la matrice des grandes paroisses mises en place par le pouvoir épiscopal au sein des cités.

  • Titre traduit

    Authorities and Territories in Aquitaine from the 7th trough 10th century : A study of the local administration


  • Résumé

    Analysis of trientes or "tiers de sou d'or" minted in Aquitaine, from the late 6th through the late 7th century, reveals that they were not a conventional form of currency. The various place names and monetarii names inscribed would indicate a territorial administration: emission locations appear to correspond to different tax revenue, while the monetarii could be the administrative officers in charge of managing organized tax collection within the vici, the basic administrative districts inherited from Antiquity. The regnum Francorum, unified under Clotaire II and Dagobert I, loses its coherence after the middle of the 7th century. No later than the early 8th century, Aquitaine appears to have escaped the jurisdiction of the Merovingian dynasty. Its dukes, or principes, had broad autonomy; they collect taxes and they appoint local officers. After vigorous takeover of Pepin the Short, Charlemagne creates the regnum of Aquitaine with Louis the Pious as its king. The regnum comprises the Aquitaine (Poitou, Berry, Auvergne, Limousin and smaller counties further south), with the March of Toulouse, the Gascony (from the Garonne valley to the Pyrenees) and the Septimania. In order to better manage the counties which were for some very large, the Carolingian authorities established the vicarii probably appointed at “vicinal” level to support the counts. A few decades later, gradually appear vicariae in which the vicarii, seem to play a mediating role between the local community and comtal power. From the late 9th century and the first half of the 10th, we perceive the vicarius as an elite and a member of these communities. This “vicarial” organization seems to have been constructed onformer administrative districts, the vici of the Merovingian period. These vici could also have been the origin of large parishes established by the episcopal power within the civitates.

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