Dialogues interreligieux, débats intellectuels et franc-maçonnerie dans la province ottomane de Syrie du milieu du XIXe siècle aux années 1920

par Saïd Chaaya

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Thierry Zarcone.

Soutenue le 20-05-2015

à Paris, EPHE , dans le cadre de École doctorale de l'École pratique des hautes études (Paris) , en partenariat avec Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (Paris) (laboratoire) .

Le président du jury était Jacques-Noël Pérès.

Le jury était composé de Thierry Zarcone, Jacques-Noël Pérès, Fulvio Conti, Pierre-Jean Luizard.

Les rapporteurs étaient Jacques-Noël Pérès, Fulvio Conti.


  • Résumé

    La franc-maçonnerie apparaît être, dans la seconde moitié du XIXe siècle et au début du XXe, un élément essentiel du développement intellectuel et culturel du Bilâd al-Shâm. Ses membres sont impliqués dans le mouvement de renaissance intellectuelle Nahda, qui profite de l’ère politique nouvelle de l’Empire ottoman ouverte par les tanzimat. Dans ce contexte, les conflits religieux continuent d’agiter une société confessionnalisée, que les francs-maçons entraînent dans la voie du progrès, de la modernité et de la laïcité. Dans la 1e partie de la thèse, on présente la franc-maçonnerie dans sa réalité concrète à Beyrouth et au Mont Liban, prenant pour modèles deux loges, Palestine et Le Liban, mais aussi dans sa dimension spirituelle. Le processus d’intégration de la franc-maçonnerie et d’inculturation dans le milieu arabe est souligné, de même que le rôle que les francs-maçons font jouer à la Société Scientifique Syrienne. L’émir Muhammad Arslan, franc-maçon et réformateur, est présentée en tant qu’exemple d’une Aufklärung arabe. La 2e partie de la thèse montre le dialogue stérile entre francs-maçons et jésuites en Syrie ottomane. Le jugement sur l’entrée des croyants en franc-maçonnerie que porte un savant musulman, est présenté à partir de l’étude du premier manuscrit en arabe qui en traite. La thèse fait appel à divers témoignages publiés de contemporains, mais aussi à des manuscrits conservés dans des archives publiques et privées. Plusieurs d’entre eux sont utilisés pour la première fois, tel le plus ancien rituel maçonnique en langue arabe, le règlement intérieur de la première loge de Beyrouth ou les statuts inédits de la Société Scientifique Syrienne fondée par les francs-maçons. La recherche conduit ainsi à relever de quelle manière la franc-maçonnerie au cœur de débats, a proposé un modèle de société qui apparaît davantage méta-religieux qu’areligieux ou antireligieux. Cette société est celle où peut vivre désaliéné quiconque aspire au progrès et à la modernité.

  • Titre traduit

    Interreligious dialogues, intellectual debates and Freemasonry in the Ottoman Province of Syria from the mid-nineteenth Century to the 1920s


  • Résumé

    Freemasonry appears to be in the second half of the 19th and early 20th centuries, an essential part of the cultural development of Bilâd al-Shâm. Its members were involved in the intellectual movement revival "Nahda", which itself has been able to take advantage of the new political era of the Ottoman Empire opened by the Tanzimat. Religious conflicts continued to wave a confessional society. The Freemasons led it in the path of progress, modernity and secularism. In the 1st part of the thesis, we present Freemasonry in its concrete reality in Beirut and Mount Lebanon, through two lodges, Palestine and Le Liban, but also in its spiritual dimension. The integration and the Arabization process is emphasized by Freemasonry through the use of the ritual, and in the role that Freemasons played in the constitution of the Syrian Scientific Society in Beirut. A personality of rare diplomacy and knowledge, Emir Muhammad Arslan, Freemason and reformer, is presented as an example of an Arab intellectual. The 2nd part shows the fruitless dialogue between the Freemasons and the Jesuits in Ottoman Syria. The case of the Wandering Jew is an emblematic episode in the struggle for secularism led by Freemasons. Also we present the 1st manuscript written in Arabic in the Ottoman Empire by a Muslim scholar. The thesis uses various published testimonies of contemporaries, but is also based on manuscripts kept in public and private archives. Some of them, which have never been used so far, such as the oldest Masonic ritual in Arabic, provide a new light on the beginning of Freemasonry in Beirut and on its impact in the history of Ottoman Syria. The research concludes how Freemasonry at the heart of debates, was able to propose a new model of society that seems more meta-religious than non-religious or anti-religious. This is the new society, in which every human being is able to yearn for freedom and aspire to progress and modernity.



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