Truman, "faith-based" diplomatie et ambigüités du Plan Marshall : cas de la France de l'après-guerre

par Jean-Marie Autran

Thèse de doctorat en Études anglophones

Sous la direction de Bernadette Rigal-Cellard.

Le président du jury était Pierre Sicard.

Le jury était composé de Bernadette Rigal-Cellard, Blandine Chélini-Pont, Philippe Chassaigne.

Les rapporteurs étaient Pierre Sicard, Blandine Chélini-Pont.


  • Résumé

    La "Faith-based" diplomatie américaine et les ambiguïtés du plan Marshall : le cas de la France dans l’après-guerre. Le Président Harry S. Truman (1945-1953) affirme dès 1946 que les E.U. doivent s’armer d'une « diplomatie fondée sur la foi » pour encourager la reconstruction spirituelle d'une Europe « déchristianisée » face au communisme. Pour faire barrage au marxisme de l’Union Soviétique, il fallait commencer par la France, vue comme la pierre de voûte spirituelle. Plus que toute autre nation, elle bénéficie avec le plan Marshall d'un puissant soutien financier militaire, économique et d'une conquête des cœurs et des esprits. De multiples agences interviennent dans cette période alors que les Églises américaines redécouvrent cette terre de mission. Généralement articulées autour de la conviction religieuse des Présidents, les initiatives sont relayées sur le terrain par l’engagement d’acteurs privés. Officialisée en 1998 par le président Clinton dans la promulgation de l’Acte international sur la liberté religieuse, cette approche a justifié la ténacité des missionnaires de 1945 à nos jours dans une France catholique religieusement peu diverse. Encouragées par le quatrième Réveil la plupart des missions américaines, églises protestantes historiques, nouvelles religions ou NMR (mormons, adventistes, témoins de Jéhovah etc...) et Évangéliques ont bien accueilli cette opportunité, phase d’introduction pour certaines ou de redémarrage pour d’autres déjà présentes dès le 19ème siècle. Bien que l'entreprise de « nation building » économique et culturelle de la France ait été perçue par l’opinion américaine de l’époque comme l'une des plus décevantes de l’après-guerre, les résultats de la transformation de la société française sont apparus avec un décalage dans le temps. Pouvons-nous alors retracer les sources des mutations transatlantiques des religions d'origine américaine et l’évolution du paysage religieux français aux activités gouvernementales et missionnaires en ce début de la Guerre froide ?

  • Titre traduit

    Truman, faith-based diplomacy and ambiguities of the Marshall Plan in France in the Early Cold War


  • Résumé

    President Harry S. Truman (1945-1953) claims in 1946 that the U.S. should advance a "faith-based" diplomacy to encourage the spiritual reconstruction of a “dechristianized” Europe .To stand in the way of a Marxist and Godless Soviet Union, it has to begin with France, seen as the spiritual stone arch. More than in any other nation, the Marshall Plan brings a financial, economic and military support, willing to conquer hearts and minds. Many key governmental agencies are involved in this time period, while American churches engaged in aid relief are rediscovering France as a new mission territory. Usually strongly influenced by the religious conviction of the Presidents, "Faith-based policies” supporting Foreign policies are reinforced on the ground by the engagement of private voluntary organizations (PVOs). Formalized in 1998 by President Clinton as a tool in Foreign policy in the enactment of the Act on International Religious Freedom, this approach justifies the tenacity of missionaries from 1945 to the present day in a secular and catholic France. Encouraged by the Fourth Awakening, most American missions, mainstream Protestant churches, new religions like NRM (Mormonism, Adventists, Jehovah's Witnesses, etc...) and Evangelicals, welcome this mixed opportunity: a comeback for a few denominations already presents in the 19th century and for others a chance for a fresh beginning. Although the business of "nation building”, the reshaping of the economic and cultural life of France, is perceived by the American public opinion as one of the most disappointing of the post-war, a deeply transformed French society will later emerge. The overlapping of American public and private organizations, of American churches and missionaries lay the groundwork for the radical transformation of a French monolithic religious landscape. Without doubt this can be traced to this short and critical experimental period of the Early Cold War.


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