L’évaluation des compétences : étude des évaluateurs en action au sein des dispositifs diplômants de niveau IV et III du Ministère des Sports

par Christian Guérin

Thèse de doctorat en Sciences de l'éducation

Sous la direction de Philippe Sarremejane.

Le président du jury était Yvon Léziart.

Le jury était composé de Yannick Lémonie.

Les rapporteurs étaient Sylvie Perez.


  • Résumé

    La thèse part d'un constat : une tension apparente de « l'évaluation des compétences » qui s'illustre autant sur le plan de l'action que conceptuel : sur le plan de l'action, on relève une évaluation synonyme de reconnaissance par la valeur qu'elle souhaite attribuer. Elle est mise en tension par les dispositifs mis en place, amenant plus à une évaluation d'objets par des chiffres, et des cases à cocher : il apparaît le renforcement d'outils (référentiels, grilles d'évaluations ultra critériée, etc.) et des pratiques confidentielles (jury plénier fermé, monopoles de la certification sur certaines épreuves).Sur le plan conceptuel, le couple « évaluation compétences » part d'une contradiction qui pose d'un côté une densité conceptuelle plurielle à chaque notion, et de l'autre, une vacuité dans leurs rapports épistémiques. Notre revue fait état de conceptions catégorielles amenant à l'atomisation des dynamiques en multiples composants, sous tendue de procédures plus allogènes que jumelles. Entre une compétence « capable » et une compétence « requise » se profile la négation de l'évaluation. A quoi bon évaluer une capacité innée ou une simple réalisation de la tâche ?C'est au cœur de ces tourments que s'inscrit une recherche moins explicative ou déductive que compréhensive. En posant ces paradoxes dans un rapport plus dynamique, ce travail convoque l'Action comme une médiation située entre « évaluation » et « compétences ». Il questionne « l'acte d'évaluer pour les évaluateurs » par l'agencement d'une méthodologie adaptée qui permette à la fois une documentation fine des actes d'évaluer et une compréhension des processus mis en jeu. Le statut des données analysées est porté par un cadre théorique amenant à s'intéresser aux « créativités d'agir » par ses aspects situés, co-distribués, incorporés, enactés dans l'environnement. L'étude dévoile alors « un acte d'enquête sous tensions » : face à une compétence-action se joue une activité à la fois « multitacting » et encombrée de dilemmes. Médiée par un processus de « genèse instrumentale », elle rend compte d'une activité « d'enquête », « d'intime conviction » et de renormalisation. L'évaluateur, entre avocat-procureur et juge-jury devient un « expert en couplages » de situations indéterminées en un « tout unifié ». Les résultats amènent à répondre à deux enjeux. Un enjeu épistémique qui (ré)concilie le couple « évaluation compétence » en une seule modélisation dialogique - un « dilemme » générique où, « entre évaluation et compétence, est l'action ». Un enjeu plus pragmatique amène à ouvrir le débat autour de l'ingénierie aux dispositifs en posant la question de la suppléance à l'acte d'évaluer. En entendant moins le dispositif comme un objet structurant qu'un « ensemble d'éléments hétérogènes » reliant l'homme à son milieu, des pistes de réflexions font jour autour des genèses artefactuelles et des dispositions à la « référentialisation » et à la dé-temporalisation. En conclusion, ce travail de Thèse développe moins un débat conceptuel de l'évaluation et de la compétence, que de les faire fonctionner « en actes », à travers la construction d'un cadre théorique. Il n'en sort pas de posture de dernière instance mais une cohérence avec les cadres de la cognition située. La thèse traite moins un « objet » que des éléments en action, étant en train de se faire. La thèse est dans ce que font les évaluateurs en action : « voilà comment certains évaluateurs s'en sortent. » Il n'y a pas une réponse en définitive ... mais des réponses.

  • Titre traduit

    Evaluation of professional competences : Study of evaluators in action within the framework as of diplomas of state Youth and Sports


  • Résumé

    The thesis begins with a report: a tension is similar of " the evaluation of the skills " which becomes pregnant as much from the point of view of the action as abstract: from the point of view of the action, this work raise a synonymic evaluation of recognition by the value which she wishes to attribute. " The evaluation of the skills " is in tension by the set up devices, bringing more to an evaluation of objects by figures, and checkboxes: it appears the strengthening of tools (reference tables, assessment grids, etc.) and confidential practices (closed plenary jury, monopolies of the certification on certain tests).The couple « competence assessment » is based on an apparent contradiction that confronts, on the one hand, a plural density of each idea and, on the other, a barren emptiness of each notion in their epistemic relationship. Our review states reductionism leading to the fragmentation of dynamics into multiple components, their excessive measures, underpinned procedures more alien than twinned. Between the competence « able to » and competence « required » looms the negation of the evaluation. What is the good of evaluating an innate ability or a simple task performance? It is in the light of this torment that fits in a less explanatory or deductive research than a comprehensive one. By positioning these paradoxes in a more dynamic report, we call the Action as a mediator between « evaluation » and « skills ». We question the « act for the evaluators to assess » on the one side the « observable » and « meaningful » by the arrangement of a composite methodology that allows both a fine documentation of the activity and an understanding of the processes risked. The status of the analyzed data is carried by a theoretical framework to be interested in bringing « creativity to act » by its aspects situated, co-distributed, embedded, enacted in the environment. The study then reveals « an act of inquiry under tension »: faced with a skill action is played out an activity on the one hand « multitasking » and obstructed by dilemmas. Mediated by a process of « instrumental genesis », it reports an activity of « investigation », « intimate conviction » and renormalisation. The assessor, lawyer-prosecutor and judge-jury becomes an « expert in coupling » of an undeterminated situation in a « unified whole ». The results reply to two issues. An epistemic issue (re) reconciles the couple « competence assessment » in a single modeling dialogic - a generic « dilemma » where « between assessment and competence, is the action. » A more pragmatic issue brings our object of study to open the debate around engineering devices posing the question of substitution to the act of evaluating. On hearing less the device as a structuring object a « set of heterogeneous elements » relating man to his environment, trains of thought are emerging around the artefactual genesis and the provisions to the referentialisation and to the un-temporality. In conclusion, this work of Thesis develops less an abstract debate of the evaluation and the skill, that to run them " in acts ", through the construction of a theoretical frame. It does not take out posture of it of last authority but a coherence with the frames of the situated cognition. The thesis treats less an "object" than elements in action, being made. The thesis is in what make the evaluators in action: " here is how certain evaluators take out there. " There is no one answer after all … but some answers.


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