Epistémologie du meurtre en série

par Andréas Wilmes

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Maria Michela Marzano.

Le président du jury était Jacques de Saint-Victor.

Le jury était composé de Maria Michela Marzano, Jacques de Saint-Victor, Denis Forest, Michel Terestchenko.

Les rapporteurs étaient Denis Forest, Michel Terestchenko.


  • Résumé

    A partir de la fin du XIXe siècle, et notamment à travers les travaux de Richard Von Krafft-Ebing, de nouvelles représentations des perversions sexuelles humaines se mettent en place. La prise en compte de ces dynamiques dans l’homicide modifie les modes de classification des scènes de crime. Au XXe siècle, ces changements historiques conduisent à l’étude d’un phénomène rare et singulier : le meurtre sexuel sériel. Durant les années 1980, le F.B.I acquiert le monopole des savoirs et pratiques concernant la problématique des « serial killers ». De nos jours, ce monopole est remis en cause. Les profileurs du Bureau d’Investigation seraient les représentants d’une pratique pseudo-scientifique. Le serial killer serait avant tout une construction sociale initiée par la politique conservatrice des années Reagan. Selon certains psychiatres-psychanalystes, le F.B.I, en affirmant la place centrale des fantasmes sexuels dans la dynamique des crimes, aurait donné une image trompeuse du meurtre en série. A l’opposé, la présente étude entend démontrer que le principal enjeu n’est peut-être pas de déconstruire les discours du F.B.I, mais plutôt de confronter ces derniers à l’actualité des recherches scientifiques. Le profilage désignerait plutôt une méthode d’enquête dont les éléments de base sont susceptibles d’être corrigés et complétés. Sous cet angle, les modèles théoriques concurrents, notamment ceux défendus par la psychanalyse française, semblent également souffrir d’un certain nombre de difficultés. Certes, l’intensité des fantasmes sadiques ne peut pas être la seule dimension des actes criminels. Mais les fantasmes interagissent probablement avec les désirs et croyances des meurtriers. Si l’homicide sexuel sériel s’apparente, comme la plupart des commentateurs s’accordent à le dire, à une succession d’actes ritualisés, une approche anthropologique du phénomène pourrait avoir une certaine légitimité. Sous cet angle, des concepts tels que la psychopathie, la pulsion de mort ou l’omnipotence narcissique dissimulent peut-être l’existence d’un mécanisme victimaire à travers lequel les meurtriers engendrent leur propre religion ou mythologie.

  • Titre traduit

    An epistemology of serial murder


  • Résumé

    From the late Nineteenth Century, in particular through Richard von Krafft-Ebing’s studies, new concepts have shaped the representations of sexual perversion. The study of the sexual dynamics in homicide cases changes the common methods of crime scene classification. In the Twentieth Century, these historical approaches lead to the study of a rare and particular phenomenon: serial sexual homicide. During the 1980s, the F.B.I dominates the field of practices and knowledge concerning the serial murder issue. Today, that domination is challenged. The F.B.I’s profiling methods are qualified as pseudo-scientific practice. Serial murder is nowadays more perceived as a simple social construction initiated by the Conservative politics of the Reagan years. According to some psychiatrists, the motivational model of the F.B.I has given a misleading picture of serial murder. The aim of the present work is to show that the main issue may not be to deconstruct the F.B.I’s studies, but to compare these first studies with current scientific research. Criminal profiling might be a method whose basic elements are likely to be corrected and completed. In this perspective, competing theoretical models, especially those held by psychoanalysis, also raise a number of difficulties. Of course, the intensity of sadistic fantasies can’t be the only dimension of criminal behavior. But fantasies probably interact with the desires and beliefs of the murderers. If serial sexual homicide appears to be, as most commentators agree, as a series of ritualistic acts, an anthropological approach may be legitimate. From this point of view, concepts such as “psychopathy”, “death drive” or “narcissism” do probably conceal the existence of a scapegoat mechanism by which killers are creating their own religion or mythology.

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