Cinq essais sur la mauvaise qualité des institutions en Afrique

par Albert Tcheta-Bampa (Tcheta bampa)

Thèse de doctorat en Sciences economiques

Sous la direction de François Facchini.

Soutenue le 10-04-2014

à Paris 1 , dans le cadre de École doctorale d'Économie (Paris) , en partenariat avec Centre d'économie de la Sorbonne (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Claude Ménard.

Le jury était composé de François Facchini, Pierre Jacquemot.

Les rapporteurs étaient Michaël Visser, Jean Cartier-Bresson.


  • Résumé

    Cette thèse s'intéresse au rôle de la qualité des institutions sur le développement économique des pays. Elle se situe dans la perspective des travaux de la nouvelle économie politique. La méthodologie utilisée est principalement l'analyse économétrique de données originales, notamment d'évènements historiques profonds comme par exemple l'identité du colonisateur, les conflits lors de l'Indépendance, la guerre froide et les soutiens des États puissants du monde. Elle traite dans un premier chapitre de l'effet des institutions sur la croissance économique via les variables qui affectent la productivité totale des facteurs. Le résultat indique que la qualité des institutions explique les différentiels de croissance de la productivité totale des facteurs. La manière dont les institutions et les politiques économiques agissent sur celle-ci dépend également du niveau du développement humain de chaque pays. A partir de ce résultat acquis, la thèse se propose ensuite de savoir pourquoi dans certains pays, en particulier les pays africains, les institutions sont de moins bonne qualité que dans d'autres. La principale cause de l'existence d'un système institutionnel néfaste au développement économique serait l'existence de fortes incitations des élites ou des groupes sociaux qui exercent le pouvoir politique à maintenir des politiques et institutions inefficaces afin de rendre l'expropriation des rentes du secteur des ressources naturelles immobiles plus facile. Il est montré, en effet, que ces élites peuvent se maintenir au pouvoir voire s'enrichir sans mettre en œuvre des institutions et des politiques économiques développementalistes c'est-à-dire favorables au développement économique. Le deuxième chapitre présente un modèle théorique permettant d'analyser la politique gouvernementale endogène et les divergences dans les performances économiques liées aux incitations politiques générées par les rentes des ressources dans les pays d'Afrique. Le troisième chapitre analyse empiriquement l'impact de la qualité des institutions et de la dépendance aux ressources naturelles sur le taux de croissance du PIB. L'analyse montre qu'il n'y a malédiction des ressources naturelles que dans les pays où les institutions extractives ont été mises en place pendant la colonisation. De plus, le phénomène de la malédiction diminue en Afrique au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la fin de la Guerre froide. Le quatrième chapitre explique à partir des modèles de durée les grandes divergences de longévité au pouvoir des présidents africains. Le test trouve que c'est plus le mécénat des Etats puissants que la présence de ressources naturelles qui explique la longévité au pouvoir et que l'aide soviétique est plus efficace que l'aide américaine lorsqu'il s'agit de maintenir les dictateurs au pouvoir. L'utilisation des mécénats pour leur défense militaire permet aux dictateurs d'éviter de développer des institutions efficaces et la taxation. Le cinquième et dernier chapitre analyse l'effet de l'institutionnalisation des partis politiques (mesurée par la différence, dans un pays, entre le nombre d'années du parti politique du dirigeant, et le nombre d'années d'exercice du pouvoir de ce dernier) sur la qualité institutionnelle d'un pays. Il montre que lorsque le parti s'organise autour d'un homme, les débats à l'intérieur du parti portent uniquement sur le leadership, alors que quand il se fonde autour d'un programme le débat porte sur la définition de l'intérêt général. L'analyse montre également que l'absence d'institutionnalisation des partis a un effet sur la sélection des élites et sur le mode de gouvernance d’un pays, c'est-à-dire la Qualité des institutions.

  • Titre traduit

    Five essays on inefficient institutions in Africa


  • Résumé

    This thesis focuses on the impact of institutional quality on the economic development of countries. It is in the perspective of the work of the new political economy. The methodology used is mainly econometric analysis of original data, including deep historical events such as the identity of the colonizer, conflicts at Independence, the Cold War and the support of powerful states in the world. It deals in the first chapter of the effect of institutions on economic growth via the variables that affect the total factor productivity. The variable 'quality of institutions' explains differential growth of total factor productivity. However, the analysis conducted shows that the way institutions and economic policies affect it depends on the level of human development in each country. There is therefore no universal model of good institutions. Instead, institutions should be adapted to contexts according t the degree of development. From the result obtained, the thesis then explains why in some countries, especially African countries, institutions are of lower quality than in others. The main cause of the existence of an adverse institutional system to economic development is the existence of strong incentives for elites or social groups who wield political power to maintain inefficient policies and institutions to make the rents expropriation easier in sector with immobile natural resources. It is shown, in fact, that these elites can maintain power to enrich themselves even without implementing institutions and 'developmentalist' economic policies that is to say in favor of economic development. The second chapter presents a theoretical model allowing to analyze the endogenous government policy and differences in economic performance related to political incentives generated by resource rents in African countries. The third chapter empirically analyzes the impact of institutional quality and dependence on natural resources on the growth rate of GDP. The analysis shows that there is a curse of natural resources in countries where extractive institutions were established during the colonial period. ln addition, the phenomenon of the curse decreases, gradually in Africa as, one moves away from the end of the Cold War. The fourth chapter explains from the duration models, large differences in longevity in the power of African presidents. The test found that it is sponsorship by powerful States more than the presence of natural resources which explains the longevity in power and Soviet aid is more effective than American aid when it comes to keeping dictators in power. The use of sponsorships for their military defense allows dictators to avoid developing effective institutions and taxation. The fifth and final chapter analyzes the effect of institutionalization of political parties (measured by the difference in a country, the number of years the leader of the political party, and the number of years of exercise of power the latter) on the institutional quality of a country. It shows that when the party is organized around a man, debates within the party are only on leadership, whereas when it is based around a program debating the definition of general interest. The analysis also shows that the lack of institutionalization of the parties has an effect on the selection of elites and the governance of a country, in other words, the quality of its institutions.

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