L'écriture de l'évènement dans la fiction de Don DeLillo

par Karim Daanoune

Thèse de doctorat en Études anglophones

Sous la direction de Yves-Charles Grandjeat.

Le président du jury était Anne-Laure Tissut.

Le jury était composé de Yves-Charles Grandjeat, Antoine Cazé, Pascale Antolin-Pirès, Marc Amfreville.

Les rapporteurs étaient Anne-Laure Tissut, Antoine Cazé.


  • Résumé

    Cette thèse se propose d’interroger la notion d’événement comme motif organisateur de la fiction de Don DeLillo. En effet, l’assassinat du président J. F. Kennedy et les attentats du 11 septembre sont des phénomènes qui résistent infatigablement au « réel », et à toute traçabilité ontologique ou phénoménologique. À ce titre, ils excèdent la pensée et exigent une réponse nécessaire de l’auteur et de son écriture face à leur irruption. Ils représentent une incursion excessive dans le « réel » et se manifestent sous la forme du surplus. Mais l’événement n’est pas simplement un surplus de réalité, il est aussi un surplus de sens, entendu comme inadéquation du signe à ce qu’il désigne. Il s’agira de montrer dans un premier temps que l’événement se montre excessivement dans le retrait de sa monstration. Nous aborderons cette dialectique du voilement et du dévoilement à travers le prisme de l’Histoire en tenant compte de sa dimension non seulement phénoménologique et traumatique mais également à partir de la notion d’altérité que l’événement sous-tend. Ce paradoxe une fois révélé, nous nous pencherons sur la question du temps car l’événement remet en question l’origine qui le fait advenir et ne prend sens seulement que lorsqu’il est advenu. Il dérègle de facto la temporalité qui avait cours. Il sera alors question de mettre en lumière le dérèglement des instances du temps « classique » : passé, présent et futur. Nous nous focaliserons sur la question du ressassement en nous intéressant, par ailleurs, à la manière par laquelle les concepts de temps, d’événement et d’altérité fonctionnent de conserve. Enfin, nous aborderons l’événement en tant qu’événement-récit en accentuant notre étude sur le terrorisme et la terreur, notions indissociables de la fiction delillienne, en ce qu’ils fournissent des modèles de totalité et de totalisation que l’écriture de l’événement s’emploie — éthiquement — à défaire. En ce sens, l’événement prendra la forme d’un contre-événement. Il s’agira par conséquent de décrypter les événements de texte que DeLillo propose comme moyen de résistance à toute totalisation. Enfin, nous considèrerons certains personnages comme des événements dans la mesure où ils réassertent le caractère événemential de l’individu.

  • Titre traduit

    The Writing of the Event in Don DeLillo’s Fiction


  • Résumé

    This dissertation wishes to reflect upon the notion of event as an organizing principle in Don DeLillo’s fiction. The assassination of J. F. Kennedy and 9/11 are events that unflinchingly resist the real, or any kind of ontological and phenomenological traceability. They exceed understanding and demand a necessary response from the author and his writing. They represent the intrusion of an excessive reality within “the real” and manifest themselves in the guise of a surplus. But the event is not just a surplus of reality, it is also a surplus of meaning as it posits the inadequacy of the sign and its referent. We will first show how the event shows itself in the very way it shuns its own exposure. This dialectics of veiling and unveiling will be scrutinized through the lenses of History considered both in its phenomenological and traumatic dimensions but also as far as it relates to alterity or otherness. Once the paradox is revealed, we will consider the issue of time for the event defies the origin that makes it happen and makes sense only after it has happened. It thus shatters the temporal continuum commonly understood as past, present and future. We will then focus on the issue of a-temporality and show how time, event and alterity are inextricably linked together. We will finally look at the event understood this time as narrative by focusing our attention upon terror and terrorism as they provide models of totality the writing of the event attempts — ethically — at breaching and undoing. In this sense, the event wille be considered as a counter-event. It will be worth deciphering the textual events DeLillo proposes as a means of resisting totalization. We will also apprehend some key characters as events in their own rights as they reassert the evential dimension of the subject.


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