Historiographie et enjeux de mémoires au Burundi

par Aude Laroque

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Pierre Boilley.


  • Résumé

    L'historiographie du Burundi est le fruit d'une confrontation entre deux cultures, celle de l'oral et celle de l'écrit. D'un côté, les Burundais ont développé un mode de connaissance du passé centré autour de traditions et de légendes mettant en scène la royauté et la société. De l'autre, les Européens, missionnaires et colonisateurs, se sont inspirés de ce matériau local pour écrire une histoire du Burundi, au service de leurs projets et largement imprégnée d'idéologies raciales. L'institutionnalisation de l'ethnie avec la colonisation et les discriminations qui en découlent ont remis en question l'équilibre de la communauté nationale, au point que le pays souffre depuis son indépendance de violences extrêmes et endémiques. L'immense entreprise méthodologique initiée par les scientifiques à partir des années 1960 a ouvert la voie à une connaissance renouvelée du passé du Burundi. Pour autant, les théories raciales construites dans le sillage de la colonisation font partie du discours général sur ce pays, et alimentent les postures partisanes des hommes de pouvoir et d'une partie de la population. Le passé est ainsi appelé pour justifier les massacres et absoudre les vengeances. L'ethnie est devenue un prétexte et un outil de captation du pouvoir. Dans ce contexte, les mémoires s'affrontent et s'enferment, hésitent entre revendication et résignation. L 'écriture de l'histoire est pourtant l'occasion de débats et de questionnements qui s'appuient sur les mémoires pour consigner le passé tel qu'il est. L'enjeu des historiens du Burundi est désormais de parvenir à conjuguer les exigences scientifiques qu'impose leur métier avec le sondage de mémoires multiples.

  • Titre traduit

    Historiography and memory issues in Burundi


  • Résumé

    Burundi's Historiography is due to the collision of two cultures, that of the oral and the written culture. On the one side, the people of Burundi have developed a means of knowledge of the past relying on traditions and legends depicting royalty and the society, passed on from generation to Generation. On the other hand, Europeans, missionaries or colonialists, were inspired by this local tool to write a history of Burundi, to the service of their venture and largely steeped in racial ideologies. The institutionalization of ethnic groups with the colonization and the discriminations that came from it have put into question the equilibrium of the national community, triggering a wave of extreme and endemic violence since its independence. The tremendous methodological venture initiated by scientists since the 1960's has opened the way 10 a renewed knowledge of Burundi's past. Nevertheless, the racial theories formulated in the wake of colonization are part of the general speech in this country, and feed the supremacist positions of men of power and of a certain part of the population. Thus, the past is called upon to justify massacres and to absolve revenge. Ethnicity has become pretence and a mean to poach power. ln this context, memories are confronted and shutting down, hesitating between demanding and resigning. Though writing history is an opportunity to debate and question that leans on memories in order to keep record of the past as it is. The stake for Burundi's Historians, henceforth, is to manage to combine the scientific expectations of their work with the survey of multiple memories.


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