Marguerite Duras face à la mémoire du génocide juif

par Kaiko Miyazaki

Thèse de doctorat en Histoire et sémiologie du texte et de l'image

Sous la direction de Francis Marmande.

Soutenue en 2012

à Paris 7 .

Le jury était composé de Éric Marty.

Les rapporteurs étaient Bruno Blanckeman, Claude Burgelin.


  • Résumé

    Pour comprendre le rapport de Marguerite Duras à la mémoire du génocide juif, nous avons pris en compte sa dimension dynamique et identitaire. Alors que, comme l'affirme Dionys Mascolo, Duras a été judaïsée et communisée à jamais par le retour d'Antelme des camps, ce n'est qu'à partir de la fin des années 1960 (après la Guerre des Six jours et Mai 68) que des personnages juifs, associés à la mémoire de la Solution finale, commencent à hanter son oeuvre. Ce phénomène est concomitant à un processus de décommunisation de l'oeuvre et de Duras elle-même, comme si la "judaïsation" se substituait à l'identité communiste acquise à l'après-guerre, et même qu'elle était le moyen de sortir du communisme institutionnel (dont la nature totalitaire se révélait notamment en 1956 et 1968). Progressivement, Duras s'approprie une mémoire, celle du génocide, tandis que celle-ci est pleinement révélée et reconnue dans la société française. Cela nous conduit à replacer cette "auto-judaïsation" dans le cadre d'une construction identitaire qui aurait pour but de combler un manque originel. En cela, plus que la question du sentiment de culpabilité, lorsque Duras convoque à l'envie et à l'exces "Auschwitz", on y décèle surtout une tentative de reconstruction d'un roman des origines, dont le socle est la mémoire du génocide. Si les troubles de son enfance en Indochine l'ont rendue plus sensible au drame du génocide, cette mémoire collective lui a permis de réinterpréter son enfance. Une double relation où Phnom Penh et Auschwitz se répondraient, tout comme, selon Duras, le désastre de la femme tondue à Nevers et celui de Hiroshima "se répondaient EXACTEMENT".

  • Titre traduit

    Marguerite Duras facing the memory of the genocide


  • Résumé

    According to Dionys Mascolo, he and Duras were "judaized and communized forever" when Antelme went back for the Nazi camps. However, it is only far later, at the end of the 60's that Jewish characters, associated to the memory of the genocide, began to populate Duras' writings. At the same time, started a process of décommunisation in the same texts, a if the communist identity has been changed for the Jewish identity. At the end, the judaization concerned not only the writings, but also the author herself. However, it is more an appropriation of other's memory than a real "Judaization" of Duras, at the very moment when the memory of the genocide became fully recognized amongst the French society. This makes us think that one must place the "auto-judaization" of Duras in and identity-building process, aimed to fulfill her existential need. In this way, more than the question of culpability, when Duras call for "Auschwitz" again and again, we understand it as an attempt to build an Family novel which has the memory of the genocide as a basis.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (423 p.)
  • Annexes : 645 réf.

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  • PEB soumis à condition
  • Cote : TL (2012) 087

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