"Tu non devi credere che si possa smettere di cercarla" : utopie et littérature chez Elio Vittorini et Italo Calvino, 1941-1972

par Marie Fabre

Thèse de doctorat en Etudes italiennes

Sous la direction de Christophe Mileschi et de Carla Benedetti.

Soutenue le 03-12-2012

à Grenoble en cotutelle avec l'Università degli studi (Pise, Italie) , dans le cadre de École doctorale langues, littératures et sciences humaines (Grenoble) , en partenariat avec Groupe d'études et de recherches sur la culture italienne (Grenoble) (équipe de recherche) , Università degli studi (Pise, Italie). Dipartimento di Studi Italianistici (Ecole doctorale dans l'université de co-tutelle) et de Groupe d'études et de recherches sur la culture italienne (laboratoire) .

Le président du jury était Jean-Claude Zancarini.

Le jury était composé de Mario Barenghi.

Les rapporteurs étaient Martin Rueff, Mario Barenghi.


  • Résumé

    La thèse se propose d'explorer les rapports entre utopie et littérature chez deux auteurs majeurs du XXe siècle italien, Elio Vittorini (1908-1966) et Italo Calvino (1923-1985), prenant en considération un large pan de leurs œuvres et de leur travail d'écrivain. À travers ce parcours, c'est une petite parabole de l'utopisme littéraire dans le second XXe siècle italien que l'on cherche à tracer, en partant des années quarante, où le travail littéraire était fonction d'un engagement politique externe, pour arriver, à travers une série de déconvenues politiques et de transformations sociales, à une tentative de redéfinition des fonctions politiques de la littérature qui nous mène jusqu'aux années soixante-dix. La trentaine d'années parcourue dans cette thèse est en effet riche en évolutions, du détachement des écrivains du Parti communiste, au passage à une nouvelle phase « néocapitaliste » dont l'Italie sort considérablement transformée. Nous nous trouvons donc à l'articulation entre deux périodes, moderne et postmoderne, dans une transition qui correspond aussi à une crise et à une remise en question de l'utopie, à travers les notions de progrès, de perfectibilité, de téléologie et de totalité qui lui étaient liées. Notre recherche cherche à cerner ces évolutions et leurs retombées sur le travail littéraire de nos écrivains – travail d'écriture bien sûr, mais aussi travail critique et théorique sur la définition de la littérature et ses fonctions. Cependant, elle évolue également sur un second plan : celui d'une définition des modèles utopiques en littérature, les œuvres dont nous nous occupons mettant en place, dans leurs rapports plus ou moins lointains au genre utopique, un certain type d'utopisme littéraire. Après une partie d'introduction théorique se concentrant sur les définitions possibles de l'utopie, nous partons donc de Vittorini et de l' « utopisme culturel » des années du Politecnico, revue animée par l'auteur entre 1945 et 1947, chapitre auquel répond l'analyse des œuvres Conversazione in Sicilia (Conversation en Sicile, 1941) et Le città del mondo (Les Villes du monde, 1951-1956). Une longue étude est ensuite consacrée au Menabò, revue dirigée par les deux auteurs entre 1959 et 1966, au cœur d'une crise poétique, politique, épistémologique dont la revue se fait l'écho. Sont parcourues en miroir deux « œuvres de la crise », Le donne di Messina (Les Femmes de Messine, 1964) de Vittorini et La giornata d'uno scrutatore (La Journée d'un scrutateur, 1963) de Calvino. Une dernière partie se concentre sur le Calvino « utopiste » des années parisiennes, de sa passion pour Fourier à sa formulation de l' « utopia pulviscolare », une utopie pulvérisée, spatialisée, anti-téléologique, dont les Città invisibili (Les Villes invisibles, 1972) sont la mise en forme littéraire, constituant le point d'arrivée de notre parcours.

  • Titre traduit

    "Tu non devi credere che si possa smettere di cercarla" : utopia and literature in the works of Elio Vittorini and Italo Calvino, 1941-1972


  • Résumé

    This Phd intends to explore the relationship between utopia and literature among two major writers of the Italian Twentieth century, Elio Vittorini (1908 – 1966) and Italo Calvino (1923 – 1985), taking into account a wide range of their novels and other literary output. Through this journey we are seeking to produce a parable of literary utopianism in the second Italian Twentieth Century, starting from the Forties, where literary work was related to an external political commitment to arrive, through a series of political disappointments and societal transformations to an attempt at redefining literature's political functions that leads us to the Seventies. The period of around thirty years covered by this thesis is rich in evolutions, from the estrangement of the Communist Party writers to a new 'neocapitalist' phase from which Italy emerges profoundly transformed. At the end of the Seventies, we were at the juncture of two periods, modern and postmodern, in a transition that also corresponds to a crisis and a questioning of utopia, through the notions of progress, perfectibility, teleology and totality that were connected to it. Our research attempts to outline these evolutions and their consequences on the work of writers – their literary production, but also their critical and theoretical work on the definition of literature and its functions. However, my thesis also functions at another level, and attempts a definition of utopian models in literature, as the selected books are all characterised, in their more or less distant relationship with the utopian genre, by a certain type of literary utopianism. After a theoretical introduction focusing on the possible definitions of utopia, we start with Vittorini and the 'cultural utopianism' of the Politecnico years, a journal animated by the author between 1945 and 1947, in a chapter where we also study Conversazione in Sicilia (Conversations in Sicily, 1941) and Le città del mondo (“The cities of the world”, 1951 – 1956). A long study is subsequently dedicated to Menabò, a journal directed by the two authors between 1959 and 1966, that reflected a poetical, political and epistemologistical crisis. We compare two 'works of crisis', Le donne di Messina (Women of Messina, 1964) by Vittorini and La giornata di uno scrutatore (The Watcher, 1963) by Calvino. A last part concentrates on the 'utopian' Calvino of the Parisian years, from his passion for Fourier to his formulation of the 'utopia pulviscolare', a shattered, spatialised, anti-teological utopia of which Le Città invisibili (Invisible Cities, 1972) is the literary embodiment and the point of arrival of our journey.


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