Montaigne, la politique et la religion : le moyenneur de la paix

par Christophe Bardyn

Thèse de doctorat en Philosophie politique

Sous la direction de Pierre Manent.

Soutenue en 2012

à Paris, EHESS .


  • Résumé

    L'objectif de ce travail était d'identifier la position de Montaigne au milieu des guerres civiles et religieuses de son temps. Nous sommes partis du principe que, dans ce contexte, les prises de position politiques ne pouvaient pas être dissociées de l'engagement sur le plan religieux. Sur le plan philosophique, nous avons suggéré que Montaigne est un cynique mitigé, ce qui permet de rendre compte de certaines de ses contradictions. Dans une première partie, nous avons fait ressortir la mise en avant de l'autorité politique pour résoudre les conflits, et une préférence marquée pour le républicanisme. Examinant les Essais, nous organisons la réflexion politique de Montaigne autour du thème de la franchise, entendue comme liberté et sincérité, revenant à nouveau vers une formulation cynique. La deuxième partie de ce travail porte plus spécifiquement sur la religion de Montaigne. La première étape consiste à mettre à l'épreuve les fondements de l'opinion selon laquelle Montaigne aurait été un excellent catholique. La confrontation entre Montaigne et Augustin occupe l'essentiel de cette partie. Le résultat de ces analyses est que Montaigne s'oppose systématiquement aux thèses les plus fondamentales d'Augustin, aussi bien en métaphysique qu'en éthique ou en théologie. Montaigne apparaît donc comme un penseur principalement préoccupé par le retentissement politique des thèses religieuses, et désireux de trouver une solution essentiellement politique. C'est un moyenneur et un irénique. Son effort pour inventer une solution originale au problème théologico-politique de son temps se traduit par un renouvellement de la forme littéraire.

  • Titre traduit

    Montaigne, on politics and religion : the moyenneur of peace


  • Résumé

    The aim of this work was to determine Montaigne's position in the midst of the civil and religious wars of his time. We took for granted that, in this context, political commitment could not be separated from religious concern. As for philosophy, we suggested that Montaigne is a mitigated cynic, wich allowed us to explain some of his contradictions. In the first Part, the most significant point is the role of political authority to solve conflicts, and an utter preferences for republicanism. Reading the Essais, we understand Montaigne's political thought as centered upon the theme of frankness, both a freedom and sincerity, leading us a new towards a cynical statement. The second Part of our work bears more specifically on Montaigne's religion. We first examined the grounds of the opinion according to wich Montaigne would have been an excellent catholic. A confrontation between Montaigne and Augustine fills most of this Part of our work. The result of those analyses was that Montaigne opposes each and every fundamental thesis of Augustine, as much metaphysical ones as ethical or theological ones. Montaigne eventually appears as a thinker most concerned by the political impact of religious theses and desirous to find merely political solutions. He is a moyenneur and an irénique. His endeavor to propose an original solution to the theological-political problem of his time led to a renewal of the literary forms.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (325 f.)
  • Annexes : Bibliogr. p.310-321. Index

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  • PEB soumis à condition
  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TPE 2012-118
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