Plaisir et Pouvoir. Usages des récits chevaleresques à l'âge classique

par Marine Roussillon

Thèse de doctorat en Littérature et civilisation françaises

Sous la direction de Alain Viala.

Le président du jury était Pierre Ronzeaud.

Le jury était composé de Alain Viala, Pierre Ronzeaud, Marie-Madeleine Fragonard, Sophie Houdard, Nicholas Cronk, Anne Simonin.


  • Résumé

    En montrant la présence d’un imaginaire médiéval dans la production littéraire des années 1600-1750 et en étudiant ses usages, cette thèse rend visible la construction d’un imaginaire moderne et galant utilisé pour susciter l’adhésion au pouvoir, en particulier dans le cadre d’une redéfinition de la noblesse.L’étude d’une fête de cour et d’un traité historique présente d’abord les enjeux politiques de la mise en récits du passé médiéval : il s’agit de figurer les origines et les valeurs de la monarchie. La deuxième partie étudie la construction narrative du passé médiéval à partir du corpus des récits chevaleresques, tel qu’il a été constitué par les pratiques éditoriales et critiques depuis la fin du Moyen Âge. Le recensement des récits chevaleresques tout au long de l’âge classique et l’étude chronologique de ce corpus, de ses métamorphoses et de ses dynamiques, fait apparaître la deuxième moitié du XVIIe siècle comme une période charnière.Les trois parties suivantes reviennent sur cette période à partir d’études de cas (la production d’un imprimeur, un traité des tournois, des épopées chrétiennes…) associant l’analyse textuelle, l’étude d’images et la construction de contextes. Elles montrent comment une interprétation moderne de la tradition chevaleresque a été construite par les milieux lettrés (dans les années 1640 et 1650), puis appropriée par le pouvoir dans le cadre de la politique de la gloire (1664-1674), avant d’étudier son devenir à la fin du siècle dans les genres nouveaux de l’opéra et du conte de fées. Pour finir, un épilogue met en perspective les récits chevaleresques avec d’autres textes figurant les valeurs de la noblesse et ses relations avec le roi.

  • Titre traduit

    Pleasure and power. The use of chivalric tales in the classical period


  • Résumé

    By demonstrating the presence of medieval imagery in the literary production of 1600-1750, andstudying how this trope is employed, this thesis reveals the construction of a modern, gallant ideology,used to incite belief in and support for political power, especially through a redefinition of nobility.The initial study of a courtly festival and an historical treatise sets out the political questions raised by this storytelling about the medieval past: namely, a representation of the origins and the values of the monarchy.The second section studies the narrative construction of this medieval past, beginning from thecorpus of chivalric tales, as constituted by editors and critics since the late Middle Ages. An analysis of chivalric tales throughout the classical period, and the chronological study of this corpus, its metamorphoses and its dynamic, reveal the second half of the XVIIth century as a pivotal moment.The following three sections return to this period with a series of case studies (the production of a printer, a tournament treatise, Christian epics etc), combining close textual analysis, the study of images and contextualisation. They show how a modern interpretation of the chivalric tradition was first constructed by the literary world (in the 1640s and 1650s) then appropriated by political power to support its politics of glory (1664-1674), before moving on to study its fate at the end of the century, in the new genres of opera and fairy tales. To conclude, an epilogue puts chivalric tales into context alongside other texts representing the values of the nobility and its relationship with the king.

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