L' écriture du corps dans la fiction de Joyce Carol Oates : une dynamique des fluides

par Caroline Marquette

Thèse de doctorat en Etudes anglophones. Littérature américaine

Sous la direction de Yves-Charles Grandjeat.

Soutenue en 2009

à Bordeaux 3 .


  • Résumé

    This dissertation combines a stylistic and narratological approach with feminist theory to analyze the representation of the body in the main novels of Joyce Carol Oates. The body has a paradoxical status in so far as it represents both a straightjacket and a vehicle of emancipation for the individual. The biological body is first characterized as an uncanny double for the subject, who is constantly reminded of his forthcoming death by his own flesh. Such gothic esthetics relate to specifically feminine fears of being objectified and reduced to a strictly biological destiny in a society which tends to regulate the body into civilized docility – especially female bodies, always suspected of hysteria. But a study of the monstrous and unbridled body of the text and of Oates’s pulsating writing reveals the emergence of another figure of the body in her novels, a more elastic and malleable figure which is quite similar to Deleuze’s Body without Organs. The assaulted, torn and porous body may then be considered as a positive opportunity to recreate the self, as opposed to a negative sign of nihilism. This study suggests that the violence of Oates’s fictional universe can be rethought in the light of her will to convert the body that patriarchy had turned into a prison of flesh to a model of opening, connection and becoming. The free play of bodily fluids is central to this enterprise as it endows the body with the subversive power of the grotesque, which can overthrow social order according to Bakhtine, and the specifically feminine ability to leak and overflow boundaries.

  • Titre traduit

    The writing of the body in Joyce Carol Oates's fiction : a fluid dynamics


  • Résumé

    Cette thèse associe étude stylistique, approche narratologique et théorie féministe pour analyser la représentation du corps dans la fiction de Joyce Carol Oates. Il en ressort que le corps a un statut particulier dans son œuvre car il apparaît à la fois comme un carcan aliénant et comme une voie d’émancipation pour l’individu. En effet, le corps biologique est d’abord caractérisé comme un double charnel du Moi effrayant pour le sujet qui y voit sa mort en train de se faire. Cette esthétique gothique de la corporéité entre en résonance avec une angoisse propre aux femmes de se voir chosifier, réduire à un destin biologique dans une société patriarcale prompte à se servir du corps pour policer l’individu. Mais une étude du corps de l’œuvre, monstrueux et débordant, ainsi que de l’écriture pulsionnelle de l’auteure permet de voir émerger dans les textes de l’écrivaine une autre figure du corps plus élastique et malléable, proche du corps sans organes deleuzien. Le corps déchiré et poreux peut alors s’envisager non pas du côté du nihilisme, mais comme une invitation au réagencement identitaire. Notre étude invite donc à repenser la fonction de la violence de l’univers oatesien à la lumière de la volonté de convertir ce corps que le patriarcat a constitué comme une prison charnelle en un dispositif d’ouverture et de connexion. La libre circulation des fluides corporels est centrale à cette entreprise car elle dote le corps d’une puissance subversive qui fait le lien entre ce que Bakhtine théorisait comme une énergie grotesque et populaire prête à renverser l’ordre social et ce que les féministes définissent comme une capacité spécifiquement féminine à couler et déborder.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (477 p.)
  • Annexes : Bibliogr. : p. 450-474

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