L'essai chez Marguerite Yourcenar : métamorphoses d'une forme ouverte

par Julie Hébert (Hebert)

Thèse de doctorat en Langue littérature et civilisation francaises

Sous la direction de Jacques Lecarme.

Le président du jury était Henriette Levillain.

Le jury était composé de Jacques Lecarme, Henriette Levillain, Anne-Yvonne Julien, Bruno Blanckeman.


  • Résumé

    Dans la variété des thèmes et des formes offerte par les essais de Marguerite Yourcenar, s’ébauche et s’affine le « portrait d’une voix », incitant le lecteur à réfléchir, à la suite de l’essayiste elle-même, à l’avertissement de Jorge Luis Borges : « Un écrivain croit parler de beaucoup de choses, mais ce qu’il laisse, s’il a de la chance, c’est une image de soi ». Ces essais où s’affrontent des visions contradictoires du temps et de l’identité, retracent l’histoire de la résistance du moi à son extinction, prônée par un je qui reste souverain par-delà les métamorphoses. Des premiers essais, où la jeune « Marg Yourcenar » s’effraie et s’enchante, dans un style « tendu et orné », de la décadence de l’Occident, aux dernières notes jetées dans ses carnets, la métaphore récurrente de l’érosion traduit le travail d’épure auquel est soumis le genre, comme l’autoportrait qui s’y dessine. Ce travail est sous-tendu par une vision du temps qui oscille entre écoulement et permanence, et d’où émerge la valeur accordée à l’instant, premier pas vers la « magie sympathique » qui permet de s’établir en n’importe quel point du temps humain. Ainsi dilaté aux dimensions de la « constellation » universelle née de rencontres aléatoires ou surdéterminées, le moi inextinguible incarne pourtant les résurgences de l’individualité, enfin acceptée comme voie d’accès à l’universel. Au terme de cinquante ans de pratique de l’essai, Marguerite Yourcenar a conquis la liberté propre au genre, aux confins de l’autobiographie longtemps refusée, en acceptant que ses métamorphoses épousent au plus près la fluidité de la vie individuelle.

  • Titre traduit

    Marguerite Yourcenar's Essays : Metamorphoses of an Open Form


  • Résumé

    Through the variety of themes and forms offered by Marguerite Yourcenar's essays, the "portrait of a voice" progressively takes shape, inclining the reader to ponder, after the essayist herself, Jorge Luis Borges's warning : "A writer thinks he is tackling a lot of subjects; what he leaves behind, however - if he is lucky - is an image of himself". The essays, in which two contadictory conceptions of time and identity constantly clash, testify to the way the "self" resists its extinction, strongly recommended by the "I", which remains supreme beyond the metamorphoses. From the first essays, in which the young "Marg Yourcenar", in a tense and ornate style, appears to be both alarmed and enchanted by the decline of the West, to the last remarks jotted down in her notebooks, the recurring metaphor of the erosion conveys the extent to which the form is being refined, as well as the self-portrait that emerges from it. The process involves a conception of time that wavers between the flowing and the permanent, and brings forth the value given to the moment, first step towards the "sympathetic magic" which enables the reader to settle at any point of the human time. Thus expanded to the dimensions of the universal "constellation" born of random, or highly determined, encounters, the irrepressible "self" still embodies the resurgences of the individuality, accepted at last as a path towards the universal. After writing essays for fifty years, Marguerite Yourcenar conquered the liberty that defines the form and borders on the autobiographical, when she finally allowed its metamorphoses to closely match the fluidity of the individual life.

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