When governments say "diaspora" : transnational practices of citizenship, nationalism and sovereignty in Croatia and former Yugoslavia

par Francesco Ragazzi

Thèse de doctorat en Science politique. Relations internationalesScience politique. Relations internationales

Sous la direction de Didier Bigo et de Michael Maurice Loriaux.

Soutenue en 2010

à Paris, Institut d'études politiques en cotutelle avec Northwestern University .

  • Titre traduit

    Quand les gouvernements disent "diaspora" : pratiques transnationales de souveraineté, citoyenneté et nationalisme en Croatie et en Ex-Yougoslavie


  • Résumé

    Un certain nombre d’acteurs non-étatiques sont en compétition pour le monopole de la représentation de « leur » diaspora : associations de migrants, organisations de minorités, lobbies etc. De plus en plus de gouvernements des pays d’origine sont, eux aussi, engagés dans cette compétition pour définir et gouverner « leurs » populations à l’étranger. Mais comment expliquer des pratiques transnationales de souveraineté visant des populations situées précisément en dehors des frontières territoriales qui légitiment cette souveraineté ? La thèse développée ici est que la notion de « diaspora » doit être comprise comme un « speech act », un énoncé performatif qui permet de justifier des pratiques politiques transnationales qui ne le pourraient être autrement. L’étude empirique de la thèse porte sur l’Ex-Yougoslavie et la Croatie contemporaine. La première partie de la thèse aborde l’émergence des différentes catégories de populations Croates à l’étranger, et l’évolution différentiée de pratiques de pouvoir transnationales pour les gouverner. Dans la seconde partie, la thèse explore comment, dans les années 1990, la fusion des pratiques discursives et bureaucratiques dans la catégorie de « diaspora » a permis de justifier 1) la mobilisation des ressources politiques, économiques et humanitaires des groupes diasporiques durant le conflit de 1991-1995, 2) la recomposition de l’équilibre ethnique Serbe/Croate au travers de la d’une définition post-territoriale de la citoyenneté, ainsi que des tactiques électorales lies au vote et à la représentation de la « diaspora » au parlement 3) l’annexion déterritorialisée de parties de la Bosnie-Herzégovine dans les années post-Dayton.


  • Résumé

    A wide range of non-state actors are in competition to monopolize the discourse of diaspora: migrant association leaders, minority organisations, lobbies etc. But the efficiency of the diaspora discourse is also increasingly harnessed by governments. Yet what does it mean, for governments, to formulate claims of sovereignty over populations who reside precisely outside the very borders that legitimate them? The argument developed in this dissertation is that “diaspora” is as a ‘speech act’, a performative utterance which enables transnational political practices that could otherwise not be justified in a normative structure of world politics dominated by the imperatives of territorial sovereignty. The empirical analysis of the dissertation focuses on former Yugoslavia and contemporary Croatia. A first part of the dissertation focuses on the heterogeneous categorizations of Croatian populations abroad and the evolution of differentiated transnational practices of power to reach out to thee populations. In the second part of the thesis, the dissertation explores how, in the nineties, the merging of bureaucratic categories and state practices into the category of ‘diaspora’ has been instrumental in justifying 1) the homeland’s tapping into the diasporic groups’ political, economic and humanitarian resources for the 1991-1995 war 2) the reshuffling of the ethnic Croatian/Serb composition of the citizenry through diaspora citizenship, and the tactical electoral strategies through diaspora voting rights and representation in the parliament and 3) the de facto deterritorial annexation of parts of neighbouring Bosnia-Herzegovina.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (352-50 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 314-352 (vol.1), p. 44-50 (vol.2)

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  • Cote : 2010IEPP0025
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