Les limites de l'idéalisme linguistique : pour une élucidation du concept de vérité

par Archontoula Giannopoulou

Thèse de doctorat en Philosophie et sciences sociales

Sous la direction de Vincent Descombes.

Soutenue en 2010

à Paris, EHESS .


  • Résumé

    L'idéalisme linguistique nous apprend que les conditions de sens de nos jugements sont fixées par nous et qu'il n'y a rien à chercher au-delà de ces conditions. La question se pose de savoir pourquoi ce postulat ne peut guère s'appliquer au domaine pratique, où nous sommes rarement certains du sens que nous donnons à nos jugements. Pourquoi avons-nous besoin de chercher de nouvelles déterminations du sens lorsque nous sommes confrontés à des questions pratiques" ? Il semble que le phénomène de la sous-détermination du sens soulève des doutes quant à l'étendue de notre capacité de juger (ou si J'on préfère, quant à l'usage ordinaire du concept de vérité). Nous tâcherons de montrer que, pour l'idéaliste linguistique, la sous-détermination cognitive est un problème sceptique relevant du domaine de la nécessité logique (ou théorique). Ce sera le cas de conceptions philosophiques du langage aussi différentes que la théorie de l'assertion de Dummett et la philosophie de la communication de Habermas et Appel. Or la sous-détermination du sens est un problème anthropologique - et dans un certain sens pratique -qui relève du domaine de la nécessité pratique. Le philosophe est appelé à défendre la pratique du jugement contre les doutes réels qui émanent du fait que nous sommes des êtres nécessiteux. Dans cette thèse, nous présenterons la philosophie anthropologique de Wittgenstein, la philosophie de l'action d'Anscombe, la théorie de l'enquête de Peirce et la philosophie des besoins de Wiggins comme des exemples de pensées qui réussissent à dépasser l'idéalisme linguistique pour atteindre un réalisme qualifié selon des critères pratiques. Notre objectif est de montrer comment la pensée de ces quatre philosophes met en lumière la richesse de la conception ordinaire de la vérité et contribue ainsi à une élucidation du concept de vérité.

  • Titre traduit

    The limits of linguisticidealism : toward and elucidation of the concept of truth


  • Résumé

    Linguistic idealism teaches us that the sense-conditions of our judgments have been fixed by us and that there is nothing to search for beyond these conditions. One is bound to ask why this postulate can hardly be applied to the practical domain, where we are merely absolutely certain of the meaning we give to our judgments. Why are we in need of new determinations of meaning when we are confronted with practical questions? The phenomenon of under determinacy of meaning seems to raise doubts about the extent of our judgment capacity (or, if we prefer, about the ordinary employment of the concept of truth). I will attempt to show that, for the linguistic idealist, cognitive undertemination is a skeptical problem belonging to the domain of logical (or theoretical) necessity. This will be shown through two different philosophical conceptions of language: Dummen 's theory of assertion, as well as Habermas's and Apel's philosophy of communication. Now underdeterminacy of meaning is an anthropological problem -and in a certain sense a practical problem -that relates to the domain of practical necessity. The philosopher is called upon to defend the practice of judgment against real doubts triggered by the human condition of being in need. Ln this thesis I will present Wittgenstein's anthropological philosophy, Anscombe's philosophy of action, Peirce's theory of inquiry and Wiggins's philosophy of needs as paradigms of thought that succeed in going beyond linguistic idealism so as to reach a realism qualified by practical criteria. My point is to show how the thought of these four philosophers illuminates the richness of the ordinary conception of truth and thus contributes to an elucidation of the concept of truth.

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  • Détails : 1 vol. (300 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 292-300. Notes bibliogr.

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  • Cote : TPE 2010-134

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