Un corps pour deux. Ethnographie de deux maternités japonaises

par Cécile Didierjean

Thèse de doctorat en Ethnologie

Sous la direction de Laurence Caillet.

Le président du jury était Martine Segalen.

Le jury était composé de Laurence Caillet, Martine Segalen, Tiphaine Barthelemy, Patrick Beillevaire, Marie-Christine Pouchelle.

Les rapporteurs étaient Tiphaine Barthelemy, Patrick Beillevaire.


  • Résumé

    Accoucher dans un hôpital en présence d’un médecin en toute sécurité ou accoucher dans une maison de sages-femmes libérales en toute sérénité ? À bien des égards, l’hôpital et la maison de sages-femmes apparaissent comme les pôles extrêmes des modalités d’accouchement proposées aux Japonaises aujourd’hui. Les deux établissements ne s’opposent pas seulement du point de vue de leur envergure ou de leur poids politique. Ils se donnent des moyens différents (technologiques ou artisanaux) pour surveiller le corps de la femme enceinte qu’ils construisent diversement (en se référant à la science ou à Dame Nature). L’hôpital et la maison de sages-femmes inscrivent les couples dans des organisations sociales radicalement opposées (hiérarchisée ou égalitaire) et les invitent à agir selon deux modèles d’action contradictoires (obéissance ou affirmation de soi). Les deux établissements renvoient donc à deux processus d’accès différents au statut de parents. L’ethnographie d’une maternité hospitalière et d’une maison de sages-femmes montre que si les processus diffèrent, les deux structures aboutissent finalement à une même configuration des rôles de chacun de sexes. Une configuration où, malgré de nombreuses tentatives visant à l’inclure, l’homme se retrouve exclu. Ici et là sont recréées une société et une famille uniquement composées de femmes que l’on veut garantes de la bonne santé physique et morale non seulement des individus mais aussi de la nation toute entière.

  • Titre traduit

    A body for two : ethnography of two maternities in Japan


  • Résumé

    To give birth in a hospital in all security, or to give birth in a birth house in all serenity ? In many respects, the two types of institution represent opposite extremities in terms of the ways in which the Japanese women can have childbirth today. In fact, their differences extend far beyond those as regards the scales or political statures. They suggest different ways (technologically-advanced or traditional) of monitoring the body of a pregnant woman based on different doctrines (referring to the Science or to the Mother Nature). They place couples in social organisations that are radically different (hierarchical or equal) and propose two opposing modes of action (obedience or self-affirmation). The two types of institution therefore present two different processes of becoming parents. This ethnological study of maternity in a hospital and in a birth house show that even though their (the) processes are different, the two structures result in the same configuration of the roles of both sexes – the configuration where, despite numerous attempts, men are excluded from the process. In both cases, the society and families re-created are composed only by women, who are regarded as the guarantors of good health and moral order, not only of individuals but also of the entire nation.

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