Sémiocritique de l'hybridité : du moderne au postmoderne

par Olivier Sécardin

Thèse de doctorat en Littérature comparée

Sous la direction de Pierre Brunel.


  • Résumé

    L’hybridité ici envisagée est un mode de production des textes. En caractérisant à la fois les objets produits – de Diderot à Madonna – et les protocoles interprétatifs, elle s’interprète elle-même comme un hybride. Au moment de se résumer, elle se désigne donc elle-même comme une thèse réflexive : une hybridité au sujet de l’hybridité. Mais sans innocence : elle joue à fond le jeu de l’interprétation et du langage. Elle capitalise tant que possible son présupposé puisque tout aussi bien, l’hybridité est la propriété d’un système interprétatif dans les limites duquel le texte est continuellement établi. Ainsi, l’hybridité est ce qui arrive quand vous lisez. Et comme toujours avec l’interprétation, seul le fait de prêter un certain type d’attention à ce sujet conduit à l’émergence de qualités hybrides. Mais alors comment reconnaître un hybride ? Le plus simplement du monde : en toute conviction. On ne reconnaît pas un hybride quand on en voit un, on reconnait un hybride quand on croit en voir un. Est-ce que cela constitue une thèse ? Plutôt une topique, au même titre par exemple que les topiques freudiennes : l’hybridité peut certes servir de cadre de description, mais ne saurait constituer une « théorie » au sens strict. La théorie n’est pas la force de l’hybridité mais, dans l’exercice de son pouvoir, l’hybridité peut se servir du discours théorique, au moins pour savoir comment produire ce dont on peut dire, après coup, qu’il est là. Une sémiocritique de l’hybridité n’est ni une sémiotique, ni même une théorie, mais bien plutôt une performance critique, une rhétorique et, parce que nous vivons dans un monde rhétorique, elle vise le sens commun dans tous les sens du terme.

  • Titre traduit

    Semiocriticism of hybridity : from modernism to postmodernism


  • Résumé

    Hybridity is considered here as a text production mode. Characterizing both the objects produced – from Diderot to Madonna – and the interpretative protocols, it is itself interpreted as a hybrid. When summed up, it points itself out as a reflexive thesis: a hybridity about hybridity. But without innocence: it plays all the way down the game of interpretation and language. It capitalizes as much as possible on its presupposition insofar as hybridity is just as well the property of an interpretative system within the limits of which text is continuously created. Thus, hybridity will be what will happen when you read. And, as always with interpretation, only paying a certain kind of attention to this topic will make hybrid qualities emerge. But then how to recognize a hybrid? Most simply: in all conviction. One does not recognize a hybrid when one sees one, but when one thinks seeing one. Does this constitute a thesis? Rather a topic, just as there are Freudian topics: hybridity can be a descriptive framework but does not constitute a “theory” stricto sensu. Theory is not the strongest aspect of hybridity but, when exercising its power, hybridity can use theoretical discourse, at least to know how to produce it, thus making it possible to say, afterwards, that it is there. A semiocriticism of hybridity is neither a semiotics, nor a theory, but rather a critical performance, a rhetoric and, as we live in a rhetorical world, it aims at common sense in all the meanings of the word.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (463 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 405-453. Index

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