Politiques de la mémoire : l'écriture de l'événement dans l'oeuvre de Jean Genet

par Melina Balcázar Moreno

Thèse de doctorat en Litterature et civilisation francaises

Sous la direction de Mireille Calle-Gruber.

Le président du jury était Esther Cohen.

Le jury était composé de Mireille Calle-Gruber, Esther Cohen, Bernard Alazet, Albert Dichy, Mairéad Hanrahan.


  • Résumé

    Dans l’œuvre de Jean Genet (1910-1986), la question de l’écriture, qui est celle de la littérarité, est indissociable d’une réflexion sur le politique et l’éthique. Un des aspects les plus remarquables de son écriture est justement la façon dont il montre leur imbrication. C’est cette double dimension qui est prise en compte ici : il s’agit donc de s’interroger sur les rapports du littéraire au politique et à l’éthique à partir de l’inscription de l’Histoire dans l’ensemble de son œuvre. L’interrogation de départ concerne évidemment les relations de l’écriture de Genet à la mémoire et à l’Histoire, et les articulations ou désarticulations qu’elle met en œuvre. Ces questions ne sont pas séparables d’une critique de la distinction entre le public, le privé et l’intime, qui traverse l’ensemble de son travail. Si selon lui, l’écriture doit faire « œuvre de vie », comment le pourrait-elle sans se restreindre aux conventions qui régissent chaque acte en le classant dans un de ces domaines ? Mais la question centrale est celle de l’événement. Pour Genet, en effet, il ne suffit pas de commémorer le passé. Il essaie alors de trouver une écriture qui, tout en conservant la trace de la souffrance, puisse produire un effet, se constituer en événement. La réflexion dans son œuvre sur ce que l’on pourrait appeler les « politiques de la mémoire » nous porte à étudier également les notions de trace, de matérialité et de performativité dans leur relation au problème de la précarité du vivant.

  • Titre traduit

    The Politics of Memory : Writing the Event in the Work of Jean Genet


  • Résumé

    In the work of Jean Genet (1910-1986), the question of writing – which is that of literariness - is indissociable from political and ethical reflection. One of the most remarkable aspects of Genet’s writing is the way in contends with the imbrication between these two kinds of reflection. This double dimension is addressed here from the vantage point of History as inscribed in Genet’s oeuvre, and through an interrogation into the rapport between the literary on the one hand and the political and ethical on the other. The first interrogation concerns the relation of Genet’s writing to memory and History, and the articulations and disarticulations this entails. These questions are inseparable from a critique of the distinction between the public and the private or intimate, which traverses the whole of Genet’s work. For Genet, writing must be the « work of life », yet how can it without restraining itself to conventions that regu! late each act in classifying it within one of its domains? Indeed, the central question that is raised here is that of the Event. For Genet, it is not enough to commemorate the past. He searches for a writing that conserves the trace of suffering, whilst producing an effect, and thus constituting itself in the Event. His reflection on what might be called the “politics of memory” compels us to examine the notions of trace, materiality, and performativity as they regard the precarity of the living.

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