Une barque à la mer : flottement, mutation et raccord entre matière et figure : questions à l'oeuvre dans la pratique picturale actuelle

par Claude Moyen

Thèse de doctorat en Arts plastiques

Sous la direction de Jean-Louis Flecniakoska.

Soutenue en 2005

à Strasbourg 2 , en partenariat avec Université des sciences humaines. UFR des Arts (Strasbourg) (autre partenaire) .


  • Résumé

    Le réengagement des notions de matière et de figure, notions qui en soi peuvent paraître anachroniques, sont pour nous indispensables, pour aborder une peinture actuelle qui explore le jeu des possibles entre " physicalité " et image. Un terrain instable d'expérimentation qui apparaît aussi comme un terrain de contrainte : d'un côté il semble être naturellement celui de la peinture, qui n'échappe ni à son devenir physique, ni à son devenir image, d'un autre côté il semble être ce lieu, où la peinture ne cesserait d'e��chouer. Où elle a fait naufrage, dans un monde, à la fois obsédé et troublé de son propre devenir image, processus orchestré de manière incessante par les technologies de médiation. Dans ce jeu de contraintes la peinture s'aménage un espace flexible, dans les interstices de son propre champ de densité : champ instable de l'engagement physique du peintre (ses gestes) et de le résistance physique de la peinture. Ce qui se présente comme une qualité de la peinture, sa matérialité, constitue un espace de vérification, entre le vrai et le faux, où le peintre mesure et joue sur le degré de médiation de l'image par le pictural. Pour le pictural, médiation signifie toujours déjà transformation, mutation. La problématique du raccord constitue l'outil et l'enjeu de cette mutation. Car même si la peinture n'échappe pas à l'unité du tableau, la peinture par le raccord n'est jamais réductible à l'unité, parce que le raccord est toujours déjà unité et multiple, parce qu'il ne cesse de faire état d'une diffraction. Dans ma peinture, où il s'agit toujours d'utiliser les mêmes éléments, de les ajuster en retaillant ici ou là, de les agencer en arrangements différents pour produire des objets nouveaux de complexité croissante, le processus de raccord illustre bien la manière dont opère la peinture pour muter: en raccordant sans fin les mêmes morceaux et les mêmes fragments.

  • Titre traduit

    Flotsam and jetsam : flotation, mutation and connection of the material and the figurative : questions at work in actual painting


  • Résumé

    Reintroducing the notions of the material and the figurative, notion, which may seem anachronistic, are in our mind inevitable to assess an actual way of painting, which explores the possibilities between “physicality” and picture. An unstable terrain of experimentation which also seems to be a terrain of constraints : On one hand it seems to be naturally the terrain of painting which does not escape to its physical nor to its pictorial becoming, on the other hand it seems to be the terrain where painting would continue to fail. Where painting has stranded, in a world, which at the time is obsessed and troubled by its own adoration of the image, a process which is constantly enhanced by the media technologies. In this constellation of constraints painting has created for itself a flexible space in the gaps of own fields of density : instable field of physical engagement of the painter (his gestures) and the physical resistance of the painting. What claims to be a quality of painting, its materiality, becomes a space of verification of the right and the false, where the painter measures the degree of mediation of the picture by the pictorial. For the pictorial, mediation always means transformation, mutation. The idea of the connection is the tool and the stake of this mutation. Because, even if painting does escape the principle of unity of the tableau, the painting by reassembly will never be reduced to unity since reassembly is ever unity and plural since it will ever continue to be diffraction. In my painting where I always use the same elements, readjusting and refractioning here or there, regrouping them in different arrangements in order to produce new objects of growing complexity, the process of reassembly shows evidently the way painting operates in order to mutate, by reconnecting, readjusting endlessly the same fragments and pieces.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (224 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 216-224. Index

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