De l'institutionnel au contractuel : psychiatrie publique et politiques de santé mentale en France (1945-2003)

par Pauline Rhenter

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Jacques Michel.

Soutenue en 2004

à Lyon 2 .


  • Résumé

    La thèse porte sur le rapport entre la psychiatrie publique et les politiques de santé mentale en France depuis 1945. Plus spécialement, elle interroge le droit à partir d'un lieu d'application : la psychiatrie. Il s'agit de saisir le type et l'évolution d'un dialogue plus ou moins réussi entre des valeurs sociétales portées par un dispositif juridico-politique et une culture professionnelle particulière. Depuis 1945, la culture psychiatrique française s'est construite à travers une exigence : celle d'un droit commun pour le malade et ses soignants, générant son propre milieu, le secteur. Depuis le début des années 1990, de nouvelles règles formulées à l'endroit de la psychiatrie publique s'incarnent d'une part dans un droit faisant de la relation médicale une relation de service comme les autres, et d'autre part, dans l'incitation à un " travail de réseau en santé mentale ". L'application d'un nouveau modèle d'action publique, dont les maîtres mots sont le " contrat ", le " réseau ", et " l'évaluation " engendre des résistances et des inventions dans le monde psychiatrique, témoignant de sa volonté de maintenir l'exigence institutionnelle de juridicité qui a structuré la profession depuis l'après-guerre. En outre, elle engendre des effets matériels et symboliques sociaux réels qui révèlent les caractéristiques d'un droit en action tendant à l'oubli de la spécificité socio-historique d'une culture. Enfin, elle modifie le rapport au savoir psychiatrique des praticiens soignants eux-mêmes, signalant ainsi une mutation identitaire naissante.

  • Titre traduit

    From institution to contract : public psychiatry and mental health policies in France (1945-2003)


  • Pas de résumé disponible.


  • Résumé

    The Thesis deals with the link of mental health Policies with public psychiatry since 1945. More specifically, it questions about laws which are adopted in order to transform french public psychiatric organization and culture. On that assumption, the study focuses on the dialogue, more or less successfull, between social values, which are integrated into laws and political decisions and a local professional culture. Since 1945, the french psychiatric culture has fed on a demand for a common law and place for patients and nursing staffs. Since 1990, new rules have enforced a new model. One the one hand, this model makes of the relationship between patients and psychiatrists an "unspecified" relationship of service; on the other hand, it advocates a mental health horizontal organization between health and social actors. This new political model, whose key words are "contract", "réseau" and "evaluation", causes resistances and inventions from psychiatric professionals who are determined to maintain their specific values. Moreover, its material and symbolic effects show the characteristics of a law which forgets social and historical dimensions of its object. Lastly, such evolutions emphasize the way how psychiatric knowledge alters because of growing professional identity changes.

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Informations

  • Détails : 3 vol. (498-155 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 462-494. Annexes

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  • Disponible pour le PEB
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