Thèse soutenue

Les régimes comparés des sanctions de l'erreur, des vices cachés et de l'obligation de délivrance dans la vente

FR  |  
EN
Auteur / Autrice :  Yves-Marie Serinet
Direction : Jacques Ghestin
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Droit privé
Date : Soutenance en 1996
Etablissement(s) : Paris 1

Mots clés

FR

Mots clés contrôlés

Résumé

FR  |  
EN

Le droit civil français reconnait à l'acheteur déçu par le contrat de vente qu'il a conclu, ou frappé de dommages à la suite de son acquisition, une large gamme de recours devant lui permettre d'obtenir un résultat à la mesure de son insatisfaction. Trois de ces voies de droit directement issues du code civil et ayant respectivement pour fondement l'erreur sur les qualités substantielles, la garantie des vices caches et l'obligation de délivrance conforme constituent autant d'itinéraires judiciaires en principe bien distincts mais suffisamment proches en pratique pour qu'apparaissent entre eux des interférences et des chevauchements, sources d'incertitudes dans le droit contemporain. La doctrine et la jurisprudence connaissent depuis plus de trente ans la difficulté. Mais durant la dernière décennie, les obstacles rencontres pour définir les domaines de chaque institution ont pris une telle ampleur qu'aucun des systèmes jusqu'alors élaborés n'a paru satisfaisant à la Cour de cassation. En choisissant d'insister davantage sur la question des régimes de chaque action en justice, laquelle influence largement le champ d'application donne aux divers concepts en concurrence, une nouvelle voie d'investigation s'est dessinée. De la comparaison purement interne des délais pour agir, des modes de preuve, de la gamme de remèdes envisageables et des aménagements conventionnels tolérés dans le jeu de chacune des actions, il ressort clairement aujourd'hui que la forte parente des deux obligations du vendeur, garantie et délivrance, justifie de parachever l'harmonisation de leurs régimes et de reconnaitre la coïncidence de leurs domaines. À l'inverse, l'originalité indéniable du statut applicable au vice du consentement que demeure l'erreur sur les qualités substantielles, légitime le maintien d'une barrière entre la formation et l'exécution du contrat et exige des magistrats qu'ils ne mélangent pas la notion avec les deux autres concepts voisins. Le recul du phénomène de concours d'actions passé par ce changement d'approche.