Recurrences et figures de l'autonomie ouvriere : histoire sociale du "pivertisme" 1935-1940

par Bruno David

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Jacques Julliard.

Soutenue en 1996

à Paris, EHESS .

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  • Résumé

    Discours et pratiques de l'autonomie ouvriere ne sont-ils qu'un moment - qui inaugure l'entree dans la modernite - dans l'histoire des rapports entre la classe ouvriere, l'etat democratique et la societe industrielle ? dans la mesure ou leur permanence est tardivement attestee, n'ont-ils pas une portee historique et une signification sociale plus generales ? a travers le recit de l'existence ephemere d'un courant marginal du mouvement socialiste, la presente etude envisage leur recurrence, dans une periode cruciale de l'histoire sociale de la france contemporaine, non pas comme la survivance anachronique d'un passe revolu, mais comme la reponse adequate a l'exclusion sociale et a son equivalent institutionnel, l'integration capitaliste : a la fois, expressions de la revolte de certaines fractions du proletariat de metier contre la depossession et leur propre decheance sociale, a laquelle les condamne l'evolution d'un systeme de travail qui relegue les savoir-faire et remodele la figure de l'ouvrier, et refus conscient de la rationalite capitaliste assume par de plus larges secteurs du corps social, communiant dans les valeurs actualisees de l'ouvrierisme radical. En ses differents aspects, le combat de ces hommes contre l'alienation du salariat et la tyrannie du consensus, au nom de l'utopie libertaire d'un monde affranchi de la domination et des raisons sociales de la revolte, temoigne de la persistance irreductible de l'ideal de la rupture au sein des societes industrielles contre les ideologies recurrentes de l'integration. A travers la mise en perspective d'une experience de la marginalite, tant sociale que politique, c'est la comprehension conventionnelle du monde moderne, de son passe comme de son devenir, qui est ainsi interrogee.


  • Résumé

    Do the words and deeds of proletarian autonomy only constitute a moment, which introduces to modernity, in the history of the relationships between the working-class, the democratic state and the industrial society ? considering however that they are observed to remain over the time, aren't they bearing a more general historical scope and social meaning ? throughout the story of a short-lived and marginal wing of the socialist movement, the present study considers that their recurrence in a crucial moment of social history of contemporary france is not the anachronistic survival of any well behind past, but the suitable answer to social exclusion and to capitalistic integration, its institutional equivalent. It is both the expression of revolt for some fractions of skilled workers against dispossession and their own social dawnfall, which they are doomed to by the evolution of a labour system relegating know-how and remodeling the worker's figure, and also a conscious rejection of capitalistic rationality by larger parts of society, in unity with the actualized moral values of radical "ouvrierisme". In its different aspects, the struggle of these people against wage-earning alienation and tiranny of consensus, and in the name of libertarian utopia for a world emancipate from oppression and social causes of revolt, bears witness to the irreductible persistance of the ideal of social rupture within industrial societies against recurrent ideologies of integration. The conventional understanding of modern world, its past and future, is then questionned through the study of experience of social as well as political fringe fight and existence.

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Informations

  • Détails : 2 vol.
  • Notes : Publication autorisée par le jury

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